"C'est comme si on voulait dresser le colonisé" : les avocats de Serge Romney contestent les réquisitions du Parquet
Serge Romney a fait son retour devant la cour d'appel ce mardi. Les peines dans l'affaire du barrage forcé en pleine crise du Covid étaient de nouveau débattues
Après une décision de la Cour de cassation, en janvier 2026, l'affaire Serge Romney revient devant la cour d'appel de Cayenne. Sa culpabilité ayant été confirmée par la Haute juridiction, il est question ce 27 octobre de la peine qui lui sera attribuée.
Pour rappel, la justice reproche au militant d'avoir forcé un barrage des forces de l'ordre sur le pont du Larivot en septembre 2021 et d'avoir légèrement blessé trois gendarmes et un policier au passage. "C'était dans un contexte de crise covid, d'obligation vaccinale et de liberté fondamentale d'un être humain", rappelle le syndicaliste EDF, alors qu'une bonne vingtaine de personnes est venue le soutenir devant la cour d'appel ce mardi. Face à eux, quelques agents de la police nationale surveillent l'entrée du bâtiment.
Rose-Lyne Robeiri, avocate du militant de 63 ans souligne cette situation à l'audience : "Il y a encore les policiers devant la cour alors qu'il ne s'est jamais rien passé aux audiences précédentes." Une situation qui rappelle, selon elle, ce qu'il s'est passé le jour des faits qui sont reprochés à son client : "Il y a une culture particulière du maintien de l'ordre dans laquelle on nasse les manifestants pour ensuite leur demander de partir [...] La tension est générée par les gendarmes. Il y a des provocations de part et d'autre", argumente la robe noire.
Les avocats s'opposent aux réquisitions
Pour l'avocate générale, les faits sont d'une "particulière gravité." Elle énumère : "Il a foncé délibérément sur un policier et des gendarmes" ; "a commis un refus d'obtempérer" ; "a conduit de manière dangereuse et n'a pas hésité à donner des coups de volant pour envoyer leslees gendarmes dans la rambarde."
La magistrate requiert 30 mois d'emprisonnement, dont 24 avec sursis ; une obligation d'indemniser les victimes ; une obligation de payer le Trésor public ; une obligation d'effectuer un stage de sécurité routière et un stage de citoyenneté ; une confiscation du permis pendant six mois. Elle demande que la partie ferme de la condamnation soit effectuée sous bracelet électronique.
Les avocats du prévenu s'opposent aux réquisitions et mettent en avant le contexte politique des actes. Georges-Emmanuel Germany, l'autre avocat de Romney constate : "On demande d'infliger à un indépendantiste un stage de citoyenneté française. Comme si on voulait dresser le colonisé... C'est fini ça. C'est la pire chose."
La décision de la cour d'appel sera rendue le 24 novembre.
Le 15 novembre 2024 Serge Romney avait été condamné en appel à de 30 mois d'emprisonnement, dont 18 avec sursis. Le juge décidait que la partie ferme de la peine devait être exécutée sous le régime de la détention à domicile, sous surveillance électronique.

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