L'enjeu financier et stratégique que représentent le CSG et le Cnes attisent les convoitises des grands groupes (photo d'archives)
Ces mastodontes de l'aéronautique et de la défense ont décidé de participer à la conquête spatiale, à leur manière. Objectif : se tailler une part du juteux gâteau de l'aérospatiale française. Le CSG est directement visé.
L'information circule déjà depuis plusieurs semaines. Elle est désormais confirmée par... François Hollande lui-même. « L'État, co-actionnaire d'Arianespace, accompagnera le processus dynamique initié par Airbus et Safran, et travaillera en bonne intelligence avec cette nouvelle entité pour préparer ensemble l'avenirv du lanceur d'Ariane 6 » .
Airbus, multinationale européenne de l'aéronautique, et Safran, son alter ego dans les domaines de la défense et de la sécurité, ont choisi de créer ensemble, et à parts égales, une entreprise dans le domaine de l'aérospatiale. Il s'agit de concevoir une nouvelle famille de lanceurs « compétititifs, polyvalents et performants, afin de répondre aux besoins commerciaux et institutionnels du marché » .
En réalité, ces multinationales veulent tout simplement prendre la main sur le lanceur d'Ariane 5, et surtout de récupérer le développement du lanceur d'Ariane 6.
Toutefois, le communiqué de l'Élysée montre que si François Hollande valide la démarche, il entend garder la maîtrise de la stratégie spatiale du Cnes. Dans les colonnes de notre confrère latribune.fr, Jean-Paul Herteman, PDG de Safran, affirme que « la nouvelle entité a vocation à intégrer Arianespace et les compétences de la direction des lanceurs du Cnes » .
TRANSFORMER LE SPATIAL EN OR
Car l'enjeu financier et stratégique est de taille : prendre le contrôle des budgets de développement de l'État en matière spatiale, dont les montants sont particulièrement conséquents. Les mots utilisés dans le communiqué commun d'Airbus et Safran sont choisis mais sans équivoque : « Notre objectif principal reste l'amélioration de la compétitivité de notre activité lanceurs [...]. Le programme Ariane est un immense succès depuis trente ans, mais pour qu'il demeure viable et compétitif, nous devons mettre en place une structure industrielle nettement plus efficace [...]. Notre accord [...] est le point de départ d'une aventure passionnante qui verra naître une filière européenne de lanceurs plus intégrée, plus performante et donc plus rentable » . Autrement dit, on veut transformer le spatial en or. À bon entendeur...
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