Le Suriname prend la tête de l'organisation des États américains
Le ministre des Affaires étrangères du Suriname a été élu, comme le veut la coutume, par acclamation le 10 mars, à Washington.
Albert Ramdin, ministre des Affaires étrangères du Suriname, va diriger l'Organisation des États américains (OEA). Il succède à l'Uruguayen Luis Almagro, qui aura occupé le poste pendant dix ans.
Les quatorze pays de la Caricom ont voté en faveur du ministre des Affaires étrangères surinamais. Lorsque le Paraguayen Rubén Lezcano a annoncé son retrait de la course à l'investiture la semaine dernière, les chances de Ramdin ont augmenté. Après que le Brésil, la Bolivie, le Chili, la Colombie et l'Uruguay ont indiqué leur soutien à la candidature du Surinamais, la nomination était pratiquement acquise.
Albert Ramdin, 67 ans, a déjà été secrétaire adjoint de l'OEA de 2005 à 2015. Il est désormais élu au poste de Secrétaire général jusqu'en 2030. C'est la première fois qu'un représentant d'un pays de la Caricom accède à ce poste.
"Une plus grande unité régionale"
Dans un discours prononcé devant l'Assemblée générale de l'OEA à Washington, Albert Ramdin a exhorté à « une plus grande unité régionale, au dialogue, au développement durable et à l'action face au changement climatique, qui affecte de manière disproportionnée les pays des Caraïbes, endettés et exposés à l'aggravation des catastrophes naturelles. »
Marc Rubio, le secrétaire d'État américain, quant à lui, a déclaré : « Je félicite le secrétaire sortant pour sa lutte contre l'influence des régimes non démocratiques au Venezuela, au Nicaragua et à Cuba. L'OEA doit rester ferme dans son engagement à promouvoir des élections libres et équitables et à protéger les libertés fondamentales. »
Albert Ramdin prendra ses fonctions en mai. Il devra mobiliser tous ses talents diplomatiques pour diriger l'action de l'OEA face aux défis complexes que sont la dictature au Venezuela, l'immigration illégale, l'offensive chinoise et l'augmentation des droits de douane imposés par les États-Unis au Mexique et au Canada.
Son action sera en concurrence avec deux organisations contestataires : la Celac (Communauté d'États latino-américains et caraïbes) et le Forum de São Paulo (plus de 100 partis et organisations politiques de gauche).
Pour le Suriname, c'est une réussite d'être ainsi mis à l'honneur sur la scène internationale. Ramdin sera presque en situation de conflit d'intérêts lorsqu'il devra s'impliquer dans les conflits frontaliers entre le Venezuela et le Guyana à propos de l'Essequibo, ainsi que dans la dispute concernant la région du Tigri au Suriname. Le pays a aussi, désormais plus que jamais, une obligation de veiller à la bonne tenue de sa réputation, notamment avec les élections présidentielles à venir, en mai.

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