Khris Burton, président du jury de Prix de Court : « Mettre en lumière un cinéma qui nous ressemble »
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Festival du court métrage

Khris Burton, président du jury de Prix de Court : " Mettre en lumière un cinéma qui nous ressemble "

Oriane REALLE ; o.realle@agmedias.fr
Le jury est présidé cette année par Khris Burton, accompagné de Katy Lome Mia (du Comité du tourisme de la Guyane), Sylvianne Cédia (chanteuse), Marc Barrat (réalisateur) et Marielle Salmier (comédienne).
Le jury est présidé cette année par Khris Burton, accompagné de Katy Lome Mia (du Comité du tourisme de la Guyane), Sylvianne Cédia (chanteuse), Marc Barrat (réalisateur) et Marielle Salmier (comédienne). • FESTIVAL P2C

Président du jury 2026, Khris Burton s'est illustré comme scénariste de la série martiniquaise Bandi, sortie, il y a quelques mois

Scénariste et réalisateur, Khris Burton préside cette année le jury du court métrage pour la 13e édition de Prix de Court. Né en Guyane, il signe un retour marqué sur son territoire d'origine, après plus de quinze ans d'absence. Une présence qu'il décrit comme " une belle occasion de revenir et d'aller à la rencontre du public ", mais aussi de découvrir " des œuvres qui valent vraiment le coup cette année ".

Quel est le rôle de Prix de Court selon vous ?

Le but, c'est de permettre aux publics antillais et guyanais de découvrir des œuvres qui leur ressemblent. Ce sont des films qu'on ne voit pas forcément à la télévision ou sur les réseaux.

Là, ce sont des œuvres cinématographiques qui nous ressemblent et avec l'opportunité d'aller à la rencontre de ceux qui les ont créées.

Peut-on parler d'un moment important pour la création locale ?

Oui, clairement. On est face à l'émergence d'un cinéma antillais et guyanais. Ce type de rendez-vous fait partie des plus importants pour accompagner cette dynamique. Il y a une envie de raconter, de montrer des réalités qui nous sont proches.

Qui sont les réalisateurs présents dans cette sélection ?

Il y a des profils très variés. Certains sont aguerris, d'autres débutent. Pour certains, c'est leur premier court-métrage et donc c'est pour eux une étape, mais pas seulement, parce que le court-métrage c'est une œuvre cinématographique à part entière, un genre. Ce n'est pas un fragment de cinéma.

Comment évolue la pratique du cinéma dans les territoires ultramarins ?

C'est encore un milieu difficile d'accès. J'ai moi-même commencé en autodidacte, par le clip vidéo, avant de me former à la réalisation audiovisuelle.

Et c'est vrai que ce n'est pas très démocratisé aux Antilles et en Guyane, en France non plus d'ailleurs, c'est donc très difficile de faire carrière dans le cinéma. C'est une passion, un sacerdoce, il faut pouvoir se sentir soutenu.

Aujourd'hui, l'enjeu, c'est aussi de structurer la filière, de professionnaliser les équipes, de montrer qu'il existe des moyens de production et un vrai savoir-faire.

Quel est votre rôle en tant que président du jury ?

Mon rôle, c'est de, déjà, m'assurer que mes collègues du jury fonctionnent en coordination, qu'on puisse discuter, échanger, donner son avis et surtout, permettre d'attirer aussi. Voir des compatriotes qui se retrouvent un jour dans un parcours, par exemple il y a beaucoup de personne qui connaissent mon parcours et qui me voit aujourd'hui président du jury, qui se disent, si lui, il a pu le faire, moi, je peux le faire aussi.

Donc c'est aussi d'inspirer. Si mon parcours peut donner envie à d'autres de se lancer et d'embrasser ce métier qui est formidable, alors c'est important. On peut créer des vocations avec ce festival. 

Un mot pour le public ?

Il faut venir découvrir ces films. Ce sont des œuvres proches de nous, portées par des talents locaux qu'il est essentiel de mettre en lumière. On est tous fan du cinéma, fan de rencontre et fan du public. C'est toujours un moment fort et sans public, il n'y a pas forcément de film, même si les créateurs ont l'amour de leur création, il se passe vraiment une transition. Parce que le public reçoit l'œuvre et cela peut prendre prend deux mois comme dix années. 

Le programme du festival Prix de Court 

Infos pratiques

Le festival Prix de Court se poursuit jusqu'au 20 juin dans plusieurs salles de Guyane.

Au cinéma Agora à Matoury : sélection 1 le jeudi 18 à 19h15, sélection 2 le vendredi 19 à 19h15. Une masterclass autour de " la musique à l'image ", animée par Emmanuelle Bruch, est proposée le vendredi à 9h30. Le samedi 20, la sélection écoles est programmée à 14h, avant la clôture sur invitation à 17h.

La projection de la sélection 1 est aussi prévue au cinéma Urania à Kourou (vendredi 19 à 19h30).

Les séances sont proposées au tarif unique de 4 euros, pour environ 1h30 de projection. Chaque programme regroupe plusieurs courts-métrages de moins de 30 minutes.

À l'issue des séances, le public est invité à voter en ligne pour son film préféré sur le site du festival.

Sélection 1 : Jeux d'enfant de Jepherson Guillaume ; I'm Karen de Célia Dejoux ; Nou Artouv de Laurent Aspesberro et Yann Gadaud ; Adan nanm ek ko de Ella Moun.

Sélection 2 : Chère fin de Khéma Cousin, Lien Franckel, Laora Le Boursicot, Alissende Masson, Joséphine Mounier et Clément Saden ; Pawol a moun lach de Jepherson Guillaume ; I Got You de Célia Dejoux ; Marginal Skin de Matthieu Sinaï-Clotilde ; Gloria de Marvin Yamb.

Sélection écoles : Aquacrobatics de Frédéric-Guillaume Paruta et Béatrice de la Boulaye ; Demonotic de Hani Bahout ; Yich Manman Dlo de Romain Wiart et Mélina Benhamou ; Memwa Lannuit de Charlie-Anne Bonbois ; Entre deux de Samuel Desmontils, Laeticia Lebel, Cyril Vila et Coralien Baccarard ; Douvan Jou de Amy Alistine Destin et Florian Mathieu Soleil ; Milan de Djessy Coco et Gilles Saint-Louis.

Informations et vote du public : https://www.festivalprixdecourt.com/

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