Haïti: une nouvelle vague d'attaques menées par Viv Ansamn a fait au moins 15 morts
La violence a continué de s'intensifier dans la capitale haïtienne ces derniers jours avec un nouveau massacre perpétré par la coalition de gangs Viv Ansanm dans le quartier densément peuplé de Delmas 30. Au moins 15 personnes ont été tuées, ont indiqué des habitants.
Parmi les victimes figure un vendeur de viande qui a été brûlé vif devant son enfant. Une famille entière aurait également été massacrée, un seul survivant s'étant caché sous un lit. Les autorités n'ont pas confirmé le bilan des victimes. Les attaques ont commencé tôt dimanche et se sont poursuivies hier mardi, forçant des centaines d'habitants à fuir sous des tirs nourris. Viv Ansanm, dirigée par l'ancien policier Jimmy "Barbecue" Chérizier et d'autres, a ciblé des quartiers qui ne sont pas encore sous son contrôle. Deux soldats des Forces armées haïtiennes (FADH) ont été tués le 25 février lors d'une attaque de gangs contre Delmas 30, selon un bilan provisoire non officiel. L'attaque, qui a commencé à l'aube, a laissé le quartier en flammes et forcé des centaines de personnes à fuir.
Des rumeurs d'une prise de contrôle imminente circulaient depuis début février et se sont intensifiées vers le milieu du mois. Des groupes armés ont fait leur première tentative de prise du quartier le 23 février. Un témoin a déclaré avoir vu un vigile blessé, l'un des nombreux qui surveillaient le quartier depuis que les gangs avaient annoncé leur intention de prendre le contrôle de la zone. D'autres ont raconté avoir passé des jours sans dormir, allongés tout habillés avec un sac rempli d'affaires sous la tête, prêts à fuir à tout moment.
Delmas 30 est considéré comme un emplacement clé, permettant d'accéder aux quartiers de Nazon et Solino, qui pourraient servir de voie d'accès au quartier aisé de Pétion-Ville. On estime que les gangs contrôlent environ 85 % de Port-au-Prince à l'heure actuelle. Les habitants ont exprimé leur frustration face au manque de réaction du gouvernement. Jean Philippe Marcel a raconté les détails poignants de l'attaque.
Ces scènes de détresse, de cadavres abandonnés, de maisons incendiées, de personnes fuyant pour sauver leur peau interviennent dans un contexte de dissension au sein du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN). Le Premier ministre n'aurait plus aucune confiance en son chef de la police. Ces nouvelles attaques des gangs interviennent à un moment où il y a des petites manœuvres politiques alors que l'on s'approche de la rotation de la présidence au CPT. Les autorités s'occupent de leurs affaires, pensent au confort des fauteuils dans une maison en feu. “ Les gangs ont massacré des gens à Tabarre 27 et ont pris le contrôle de Delmas 30. Pendant ce temps, le Conseil Présidentiel de Transition se bat pour savoir qui sera le président du 7 mars : Smith Augustin prétend que c'est lui, tandis que Fritz Alphonse Jean dit que c'est lui qui prend le pouvoir “, a déclaré le chanteur Lubin 'Jah B' Enock sur X.

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