Gonini Kriki Mofo : le quotidien d'un village qui à soif
La dure sécheresse, dont on ne voit pas la fin, provoque une situation tendue dans les villages de l'intérieur. La presse locale commence à sonner l'alerte humanitaire.
Un village typique du fleuve
Posé sur la Lawa, à l'endroit où la crique Gonini l'y rejoint, c'est un village tranquille, modèle, dirait-on, du fleuve. Son école, avec ses enseignants venus de Paramaribo ou sédentarisés, et son dispensaire, avec les infirmières de la mission médicale, lui confèrent son statut de village reconnu comme important sur cette petite partie du fleuve. Il est au Suriname, un peu en amont de Stoelman's Island et fait face au hameau français de Mofina, à vingt minutes de Grand-Santi. Ses habitants ont l'habitude de s'organiser en autonomie pour l'eau et l'électricité. Après les crues à répétitions, c'est maintenant la sécheresse qui les frappe.
Pénurie d'eau
Aujourd'hui, le village et ses habitants souffrent. Les réservoirs d'eau qui récoltent l'eau de pluie sont vides. Celle du fleuve est très trouble, et ne peut servir qu'à laver les sols ou pour évacuer les toilettes, mais surtout pas la lessive, sous peine de colorer les vêtements en couleur terre ! Les endroits du fleuve où l'on puisait l'eau avec les pompes ont été chamboulés par le dernier passage des skalians. Les solutions se partagent à présent entre l'eau du libre-service, pour ceux qui en ont les moyens, pour boire, et les voyages à Mofina, côté français, où l'on peut tirer l'eau dans des jerricans et rentrer au village avec ces bidons. Avec la pénurie d'eau, les enfants ne peuvent suivre les cours et les enseignants, placés dans une situation difficile, envisagent de rentrer sur Paramaribo. La mission médicale et ses infirmières sont dans la même situation. L'approvisionnement des deux supermarchés chinois devient lui aussi compliqué en conséquence du faible niveau d'eau qui limite les mouvements des pirogues. L'avion qui fait les rotations quotidiennes avec Stoelman reste le seul lien encore efficace.
Tous les villages menacés
Nous aurions pu montrer des images d'endroits du fleuve, plus en amont, ou le cours d'eau est transformé en pierrier, parler de la situation extrême que vivent déjà les habitants des zones de Maripasoula et au-deçà. Evoquer la situation d'un village du cours médian du fleuve est plus instructif. Cela veut dire que ce sont tous les villages du fleuve qui sont en situation de précarité, au regard du plus élémentaire des besoins, qui est celui de l'eau. A l'intérieur du Suriname, les villages de la Suriname river et ceux des autres fleuves sont dans la même situation.
Nous sommes déjà entrés dans la zone rouge de l'urgence humanitaire. Même si des pluies arrivaient maintenant, il va falloir du temps avant de retrouver une situation saine. Au-delà de la soif qu'il faut éteindre, il est nécessaire que les autorités, notamment sanitaires, prennent lecture qu'un risque épidémique peut accompagner cette situation de crise.

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