Coup de théâtre politique au Suriname à trois semaines de l'élection présidentielle
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Coup de théâtre politique au Suriname à trois semaines de l'élection présidentielle

Eric Gernez
La Ministre de la Défense Krishna Mathoera (droite), pilier du VHP, parti dirigé par le Président Santokhi (gauche), annonce sa candidature au poste de Présidente
La Ministre de la Défense Krishna Mathoera (droite), pilier du VHP, parti dirigé par le Président Santokhi (gauche), annonce sa candidature au poste de Présidente • DR

À trois semaines d'élections difficiles, la Ministre de la Défense Krishna Mathoera, pilier du VHP, parti dirigé par le Président Santokhi, annonce sa candidature au poste de Présidente : "L'intérêt national passe avant tout."

Plusieurs médias locaux s'en font l'écho. Il y a un vent de dissidence au sein du parti au pouvoir, le VHP. La candidature assumée de la Ministre de la Défense comme Présidente du Suriname vient affaiblir davantage la position du Président sortant, Chan Santokhi.

Le parti VHP fragilisé

Le VHP (Parti de la réforme progressiste) centré ethniquement sur le groupe de population hindustani, a pour dirigeant le Président Santokhi. La candidature de Krishna Mathoera vient affaiblir la position stratégique du parti pour les élections du 25 mai. Alors que le bilan du parti, à l'issue de cinq années au pouvoir, est controversé, la popularité du Président sortant est très discutée. La déclaration de Madame Mathoera sonne comme un coup de tonnerre à vingt-deux jours des élections. "Le Suriname mérite de la détermination et de la vision", dit-elle.

Dans une interview, la ministre de la Défense a officiellement déclaré sa candidature à la présidence du Suriname : "Le Suriname est à la croisée des chemins. Nous avons besoin d'un leadership qui va à l'encontre des intérêts particuliers et qui se concentre sur l'efficacité", a déclaré M. Mathoera.

Des élections aux résultats imprévisibles

Le parti VHP est maintenant divisé. Les partisans du NDP (National Democratic Parti) de feu Bouterse, sont également tentés entre Jennifer Simons et l'ancien vice-président de Bouterse, Ashwin Adhin, tous deux candidats déclarés pour l'investiture suprême. En termes politiques, seul Ronnie Brunswijk avec son parti ABOP, fait figure de monolithe. Ces divisions viennent s'ajouter aux incertitudes liées à l'introduction d'un nouveau mode de scrutin qui sera inauguré le 25 mai. Les résultats de ces élections sont, de l'avis de tous les experts, les plus imprévisibles que le Suriname ait connu.

Le Président doit être élu à la majorité des deux tiers des 51 membres de la future Assemblée, ce qui rend les prévisions difficiles en raison des alliances incertaines. À l'approche des 50 ans d'indépendance, célébrés le 25 novembre, il est difficile d'esquisser le portrait du Président qui présidera aux cérémonies.

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