COP30 : le sommet qui s'embrase et s'enlise
Les 200 États ont finalement adopté un texte qui n'évoque pas clairement la sortie des énergies fossiles
Au crépuscule de la COP30, on espérait la fumée blanche d'une résolution finale ambitieuse. Mais la dernière journée a plutôt vu les flammes sombres d'un incendie dans la zone des négociations et le bûcher des vanités diplomatiques consumer tout espoir d'accord fort.
Claude Suzanon, président de la Sépanguy, témoigne : " Nous étions au pavillon de la Francophonie pour une restitution de la LCOY (Conférence mondiale de la jeunesse) quand l'espace à proximité s'est embrasé. On nous a demandé d'évacuer. Cela s'est passé sans problème. "
La journée avait pourtant bien débuté pour la délégation guyanaise, placée sous le signe de l'économie. Guyane Nature Environnement (GNE) a animé une conférence intitulée “Pistes de développement durable pour la Guyane”, modérée par Nolwenn Rocca, juriste de l'association.
Les secteurs porteurs d'opportunités pour la Guyane
Laurent Kelle, directeur du WWF, a synthétisé les conclusions du rapport du cabinet Deloitte sur les secteurs porteurs d'opportunités pour la Guyane.
Michel Tony Nalovic, consultant en pêche durable, a ensuite insisté sur le drame de la pêche illégale qui menace la structuration de la filière et la conservation des stocks.
Massiri Gueye, du Réseau des Savoirs de la Forêt, a rappelé l'importance d'un accompagnement renforcé des agriculteurs et la nécessité de revenir à l'agroforesterie et aux pratiques traditionnelles durables. À travers ces enjeux halieutiques et agricoles, c'est la question de l'autonomie alimentaire de la Guyane qui a été soulignée avec force.
Enfin, Harry Hodebourg, administrateur de GNE, a exposé sa vision d'un tourisme adapté aux limites du territoire : un écotourisme local, basé sur de petites structures, pour éviter les dérives d'un tourisme international mal maîtrisé.
Ces secteurs, identifiés comme très contributifs à l'économie guyanaise, offrent un effet levier déterminant sur l'emploi et le PIB.
Blocage des pays des BRICS+
Cette COP, que Lula avait érigée en objectif diplomatique majeur, n'a finalement pas tenu ses promesses. Faute d'accord au soir du vendredi 21 novembre — en raison de l'incendie et du blocage des pays des BRICS+ (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran, Égypte, Émirats arabes unis, Indonésie, Éthiopie) — la COP30 a été prolongée de 24 heures.
L'ombre d'une sortie sans accord a longtemps plané, avant que l'Union européenne et les pays les plus vulnérables ne cèdent pour éviter un fiasco total.
Les 200 États ont finalement adopté un texte qui n'évoque pas clairement la sortie des énergies fossiles, tout en reconnaissant la nécessité d'une " action climatique ".
Avec cette résolution minimale, la présidence brésilienne sauve la face. Et la planète ?
Pour les militants, l'essentiel se joue ailleurs. Selon Jessika Delar-René, du mouvement E.D.E.N : " Les enjeux ne se situent pas uniquement dans les tractations officielles. Nous sommes fiers de notre conférence-débat à l'Université fédérale du Pará sur le thème “Guyane : développement endogène, justice écologique et savoirs ancestraux”, avec le FOSPA, le MDES et l'UTG. "
Un autre monde est possible mais le calendrier de sa réalisation reste toujours inconnu.

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