Misère antillaise à Paris
Mercredi après midi, plus de quatre-vingts personnes, en majorité des femmes et quelques hommes, quasiment tous d’origine antillaise, ont trainé leur caddies et porté leur sacs à provision, sous la pluie et dans le froid, pour recevoir une ration de nourriture au local de la Case sociale antillaise, à Paris.
Pour ces nouveaux pauvres, plus l’hiver approche plus les besoins en nourriture se font ressentir. Marie-France, une jeune femme d’une cinquantaine d’année, est arrivée dans l’Hexagone en 1976 par le biais du BUMIDOM. Elle témoigne : « Je résiste pour ne pas me retrouver dans la rue. L’hiver comme l’été, je me débrouille. Ma famille m’aide un peu, mais c’est dur. » A la vue de l’appareil photo, peu de gens veulent parler ; ils baissent la tête. Béra, venu de la Martinique, a dans son sac de quoi tenir quelques jours. Il accepte de parler : « Après cinq ans d’activité, on n’a pas renouvelé mon contrat, depuis plus de boulot ! Et voila le résultat… Pourtant ma femme travaille. Je tire mon chapeau pour ce que fait la Case sociale. Il y a beaucoup des gens dans les rues… »
Dans la salle, c’est assez électrique mais les gens, à l’appel de leur nom, avancent avec leur caddies devant chaque distributeur de produits frais ou en conserves. Un jeune homme d’une trentaine d’années maugrée dans son coin : « Il faut bien réfléchir avant de venir. Ici, il n’y a pas d’aide pour les Antillais… » Mais il refuse d’en dire plus. Maryse avance avec le sourire. Elle a connu beaucoup de problèmes de santé et aujourd’hui, elle tente de garder la tête hors de l’eau. Elle encourage les siens à sortir du silence : « Quand on a des problèmes, il faut venir. Ici, c’est la communauté ! Parmi nous, il y a beaucoup de gens qui ont honte, qui se cachent, qui ne se veulent pas parler… La situation n’est pas facile à vivre. » Maria est originaire de la Réunion : « C’est grâce à monsieur Calife que j’ai pu me sortir de mes problèmes et avoir à manger. Suite à un arrêt de maladie, j’ai perdu mon travail et tout a basculé. Je me suis retrouvée à zéro. »
La case sociale distribue chaque semaine 700 kilos de denrées alimentaires pour les familles en grande difficulté. Chaque jour, ce sont une douzaine de repas, en moyenne, qui sont servis aux plus défavorisés, pour une valeur de 7 €. Souvent, leur unique repas. Ils arrivent très tôt pour ne pas trop attendre et avoir un petit café.
Le prix de la solidarité
La Case sociale antillaise - 62 rue de la Chapelle 75018 Paris - Tel : 0899964073 / Fax : 0142050353

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters