1976, Chronique d’une île sous menace
Le 8 juillet 1976, tout bascule. À 8h55, une première explosion phréatique éventre le calme du matin. En quelques secondes, un panache de poussières, de cendres et de vapeurs s’élève du sommet. À Saint-Claude, Matouba et Papaye, la lumière tombe comme si le jour s’était brusquement éteint. L’obscurité s’attarde plus d’une vingtaine de minutes. Il ne s’agit pas d’une éruption magmatique au sens où le grand public l’imagine souvent, avec lave et coulées flamboyantes. Mais pour les habitants du sud Basse-Terre, en ce matin de juillet la nuance scientifique compte moins que la réalité immédiate. Tout ce qui compte c’est fuir au plus vite “cet enfer qui se déchaîne”.
25 000 personnes fuient la Basse-Terre
Rapidement, la peur gagne les routes. Entre 9 heures et 11 heures près de 25 000 personnes quittent le sud de la Basse-Terre pour gagner la Grande-Terre, Pointe-à-Pitre ou encore Bouillante et Pointe-Noire. Ce n’est pas encore l’évacuation générale d’août, mais c’est déjà un exode. On part parce qu’on a peur, on part parce qu’on ne sait pas ce qui peut se passer, on part parce que le ciel est noir, la cendre tombe, on part parce qu’on ne veut pas attendre pour savoir si le prochain...

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