Gerda François, une figure amérindienne partie trop tôt
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MANA

Gerda François, une figure amérindienne partie trop tôt

Lima FABIEN
En septembre 2011, Gerda François (au centre) avait initié des étudiants des Beaux-arts de Paris à la poterie kali'na (photo d'archives)
En septembre 2011, Gerda François (au centre) avait initié des étudiants des Beaux-arts de Paris à la poterie kali'na (photo d'archives)

Aujourd'hui et demain, l'association Couachy Bonon organise un hommage à Gerda François, une figure amérindienne majeure de la commune. Les animations se déroulent à la salle polyvalente de la cité Anne-Marie-Javouhey.

Il y a deux ans, disparaissait Gerda François, à 60 ans. Cette figure tutélaire de la communauté amérindienne de Mana sera célébrée ce week-end, à la cité Anne-Marie-Javouhey.
Potière, conteuse, spécialiste du cachiri, mère de neuf enfants... « C'était une femme amérindienne accomplie, qui savait tout faire de ce qu'une femme amérindienne doit faire normalement » , dit d'elle Fernande Lieutenant, sa nièce et présidente de l'association Couachy Bonon qui organise les festivités du week-end.
Née le 25 février 1952 à Bigiston (Suriname), elle arrive dans les années 1970 à Mana, où elle a de la famille. Son père est pêcheur, sa maman potière, elle va à l'école jusqu'à 13 ans.
Son implication et son enthousiasme feront l'admiration de tous ceux qui l'ont côtoyée. « J'ai connu, dans les années 2000, une femme amérindienne qui a su garder les valeurs amérindiennes et les montrer aux autres, se souvient Stéphane Apollinaire, secrétaire de l'association. Un jour, je lui ai dit : « Gerda, tu as beaucoup d'atouts. Transmets des récits, il faut que nous sachions. » C'était il y a cinq ou six ans. Ce qui m'intéressait, c'était les récits de Bigiston, cet échange interamérindien kali'na. Je l'ai vue très à l'aise devant un public. »
EXPOSITION À PARIS
Les premiers à bénéficier de son enseignement ont été ses enfants, comme Yolande François, sa fille aînée : « Ma mère m'a montré beaucoup de choses dans l'abatis, comme faire des repas traditionnels. Pour le cachiri, je l'aidais. Je grajais à la main. Elle le faisait bouillir. Je ne voulais pas qu'elle se fatigue. Je reconnais les robes que ma maman a faites, les dessins... parfois elle en rêvait. »
Ils n'ont pas été les seuls à bénéficier de son enseignement. Des étudiants des Beaux-arts de Paris aussi. Elle les a accueillis en 2011, pour les initier à la poterie kali'na. La même année, elle expose à Paris, dans le cadre de « 2011, année des Outremers » . Une activité dense, qui rendra sa disparition d'autant plus brutale pour ses proches. « Je l'ai rencontrée la veille, se remémore Lydia Lieutenant, sa nièce. Elle m'a dit : « Je suis allée chez le médecin, il y a trop de monde. » Le lendemain on apprenait sa mort. » Stéphane Apollinaire estime qu'elle a laissé un grand vide : « Dans la situation actuelle des Amérindiens, « enthousiaste » est un mot très fort. C'est ce message-là qu'il faut donner. Elle avait les pieds sur terre. Elle est partie trop tôt. » Alors pendant ces deux jours, c'est un peu de son message qui revivra.
Retrouvez le programme des festivités en page 9.
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