La victoire en râlant
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La victoire en râlant

A. S.-M.
Tout au long du mach, les supporters étaient stressés. La peur de laisser échapper la victoire (ASM)
Tout au long du mach, les supporters étaient stressés. La peur de laisser échapper la victoire (ASM)

Une cinquantaine de supporters ont suivi la victoire des Bleus sur la terrasse d'un snack cayennais entre encouragements et noms d'oiseaux.

C'est un peu le rendez-vous des fans de foot à Cayenne. Au snack la Victoire, au nom prédestiné, le grand écran est de sortie à chaque match important. Hier, une cinquantaine de supporters des Bleus s'y sont retrouvés pour vivre en direct la qualification de l'équipe de France pour le mondial au Brésil. Et c'est peu de dire que l'ambiance était tendue. Il a suffi qu'un client encourage l'Ukraine pour que les insultes pleuvent. Mais il n'est pas le seul à avoir été qualifié de noms d'oiseaux durant 90 minutes. Ribéry en a pris pour son grade, Benzema aussi. Une passe mal ajustée, un dribble raté, un tir non cadré et les critiques fusaient. Un vrai match de supporters râleurs en somme. Ce genre de supporters qui croient assez peu en les chances de leur équipe.
LE STRESS RETOMBÉ AU COUP DE SIFFLET FINAL
Le premier but n'y a rien fait, il a fallu attendre le second pour que la confiance commence à s'installer. Et là, ce ne sont plus cinquante supporters mais cinquante sélectionneurs qui se trouvaient face à l'écran, donnant de la voix à grands coups de « joue à droite » , de « passe ta balle » et surtout de « sortez-le » . Le carton rouge infligé à l'Ukraine a été autant applaudi que les deux premiers buts de la France et il a fallu attendre le troisième but pour que la tension retombe un peu. À peine. Le stress n'est en fait réellement retombé qu'au coup de sifflet final, libérateur pour les supporters autant que pour les joueurs. Et un mot sur toutes les lèvres au moment de se quitter : « Brazil » !
SON AVIS - « La frayeur pour connaître la ferveur »
C'est dans un hôtel de l'Hexagone que Jean-Claude Labrador, le conseiller régional chargé des sports, ancien président de la ligue de foot, a suivi la rencontre. Avant le coup d'envoi, il nous confiait : « Ça va être difficile! » et « L'arbitre aura du travail. » Il n'a pas eu tort. Soulagé à l'issue du match, il ne l'est pas forcément sur l'avenir des Bleus : « On peut dire qu'on sera au Brésil, mais je crains que ce soit une participation éphémère. L'équipe de France n'a toujours pas tiré les leçons de l'Afrique du Sud (mondial 2010, ndlr). Elle doit à tout prix régler les problèmes de relations en interne pour avoir un groupe uni. Le positif, c'est la ferveur que j'ai sentie derrière cette équipe, mais il a fallu la frayeur pour connaître la ferveur. » Jean-Claude Labrador se réjouit aussi de l'impact de cette qualification sur le football local : « Il y aura des retombées financières pour les ligues et les clubs et les dispositifs mis en place par la fédération seront mieux accompagnés. »
(Arnaud Saint-Maxent)
(Arnaud Saint-Maxent)

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