Rémy Vectol frappe sur les paos (carrés de mousse) tenus par Dany Bill, lors d'un entraînement au boxing club de Rémire (NL)
Ils seront vingt combattants du Suriname, des Antilles, de l'Hexagone et de Guyane, à monter sur le ring du Progt de Matoury, demain, pour le Guiana Fight, gala de boxe thaïlandaise. Rémy Vectol, tenant du titre et champion du monde, s'entraîne au Boxing club de Rémire-Montjoly. Tout comme Tiago Silva, qui participera pour la première fois au gala.
Il est 21 heures et la nuit est tombée sur le quartier des Ames-Claires à Rémire-Montjoly. Dans le hall Gabriel-Llary, une vingtaine de sportifs (femmes et hommes) continuent de s'entraîner. Encore et encore. Munis de gants, ils donnent des coups de genoux ou esquivent les crochets de leurs adversaires. Le sol est recouvert d'un épais tatami rose et bleu, et la sono crache une musique entêtante. « Je m'entraîne au dojo trois fois par semaine » , explique Tiago Silva, 17 ans, qui participe pour la première fois au Guiana Fight.
« RESTER LUCIDE »
Derrière un large sourire, le jeune homme ne cache pas que l'entraînement reste intensif. « Je travaille beaucoup mon cardio. Cela fait deux ans que j'attends ce moment. » Tiago connaît son adversaire, un Surinamais qu'il a déjà vaincu, mais il reste humble.
À l'image de Rémy Vectol, champion en titre, qui s'entraîne ce soir-là sur les conseils de Dany Bill, neuf fois champion du monde. À l'approche du combat, le sportif reste « lucide » . Il affine ses gestes, inlassablement. « Quand je monte sur le ring, je ne veux rien prouver, j'essaye seulement de décourager l'autre. » Lorsqu'on lui parle de la violence des combats, Rémy sourit. « C'est un sport physique mais l'organisme s'habitue. »
L'ALLIANCE DU SPORT ET DU SOCIAL
Au-delà du défi sportif, Rémy Vectol voit dans ce gala, une occasion rêvée de promouvoir son sport. Au même titre qu'Erwann Gourmelen, organisateur du spectacle et président de la ligue de Guyane de Muay Thai et disciplines associées. « Le sport me passionne mais je veux y associer une dimension sociale. » Pour suivre cet objectif, le ring de boxe sera monté par des jeunes du foyer Ti'kaz et les décors ont été réalisés lors d'un atelier au Village chinois de Cayenne.
Ce soir, les sportifs se feront peser et rencontreront leurs adversaires. Rémy et Tiago le savent : ils devront mettre toutes leurs forces dans la bataille.
3 QUESTIONS À ... DANY BILL Neuf fois champion du monde, 40 ans : « Être sage et à l'écoute de soi »
C'est la deuxième fois que vous intervenez pour ce gala. Quel est votre rôle ?
Je viens avec des boxeurs de Paris qui affrontent d'autres sportifs. Je conseille aussi les gars techniquement lors de leurs entraînements.
Vous avez été titré neuf fois champion du monde. Quel était votre atout ?
J'étais complet. Pour combattre, il faut comprendre l'art de ce sport, en saisir les règles. Cela passe par énormément de rigueur car la boxe thaïlandaise est un des sports de combat les plus physiques. Psychologiquement, il faut être sage, à l'écoute de soi mais aussi de son entraîneur.
Comment un jeune compétiteur peut-il gérer la pression sur le ring ?
Souvent, le boxeur a peur de décevoir ses proches mais aussi une grande peur de se blesser. Ce sont les risques du métier, il faut les accepter et les occulter. La pression se gère avant tout au mental.
Combats de boxe et danses hip-hop
Ils seront vingt boxeurs pour dix combats. En classe C (amateurs), les combats durent 3x2 minutes (avec une minute de repos). En classe B (semi-pro), les sportifs s'affrontent 4x3 minutes, (deux minutes de repos).
Enfin, en classe A (pro), les boxeurs combattent 5x3 minutes (deux minutes de repos).
Le spectacle durera environ 3 heures.
Partenaire de l'événement, le DSU de Matoury présentera les jeunes du Matoury Vibes Kartyé qui viendront chanter et présenter des danses hip-hop.
Tarifs : 15 euros (gradin), 20 euros (ring).
En prévente à Sport 2000.
À partir de 20 heures au Progt de Matoury.
Infos au 06 94 22 15 13.
Un médecin et trois kinés au chevet des sportifs
Médecin au dispensaire de Cacao, Nicolas Lormée participe pour la troisième fois au Guiana Fight. « Lors des combats, je suis appelé toutes les deux minutes » , explique-t-il. Positionné à côté du ring, il doit assurer la sécurité des boxeurs et stopper le match si besoin. « Les blessures les plus courantes, ce sont des arcades ouvertes ou des luxations d'épaule. »
Une équipe de trois kinés sera également présente dans les vestiaires. À 25 ans, Martin Ily est titulaire d'un diplôme inter-universitaire du sport. « Il y a eu un travail en amont. Nous étions présents lors de leurs entraînements et demain, nous serons là pour les échauffements, et après le combat pour un massage de récupération. »
(Nolwenn Leboyer)
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