Le raté de la grande région Antilles-Guyane (2/2)
« Je suis personnellement opposé à une grande région et le gouvernement ne songe nullement à cela. Chacun doit garder sa personnalité » déclarait, à Cayenne, le secrétaire d'État aux DOM-TOM Paul Dijoud, à la clôture en janvier 1981 de la quatrième (et dernière) conférence interrégionale qui avait bien failli ne pas se dérouler, tant les rivalités entre les trois régions étaient intenses. En mai 1981, avec l'arrivée de François Mitterrand et des socialistes au pouvoir, les Antilles-Guyane rentraient dans l'ère de la Décentralisation. Et la question de la grande région Antilles-Guyane allait, un temps, réapparaître.
«Chaque fois que les Martiniquais manifestent un désir de rapprochement, ils sont suspectés de vouloir procéder à la colonisation des autres départements », s'emportait le vendredi 9 janvier 1981, Émile Maurice, le président du Conseil général de la Martinique, à l'ouverture d'une séance plénière de l'assemblée départementale, dans une déclaration lue devant les élus (Lire des extraits page suivante). Il répondait aux propos tenus par Lucien Bernier, le président du Conseil général de la Guadeloupe, et relatés par la presse, après la décision arrêtée à l'unanimité par les conseillers généraux de l'île sœur, de ne pas se rendre à la quatrième conférence interrégionale prévue du 14 au 19 janvier à Cayenne à l'initiative du secrétaire d'État aux DOM-TOM, Paul Dijoud.
« Moi, je défends la Guadeloupe avant tout, avait déclaré Lucien Bernier. Nous ne voulons pas toujours être déshabillés au profit de la Martinique sous prétexte de région (...). Nous n'irons à aucune conférence interrégionale tant que de nouvelles dispositions, allant dans le sens de la préservation, de la protection de nos intérêts, ne seront définitivement arrêtées ». Lucien Bernier protestait contre la décision de transférer à la Martinique la comptabilité publique de la Guadeloupe. « Il n'est pas question que la Martinique soit l'État souverain pour la comptabilité de la Guadeloupe », fustigeait-il. Il s'élevait dans la foulée contre le transfert d'une station de radio maritime de Destrellan (Baie-Mahault) à Fort-de-France, .
Les conseillers généraux de la Guyane faisaient savoir, eux aussi, qu'ils ne participeraient pas à cette nouvelle conférence interrégionale.
Le président Émile Maurice rappelait ce vendredi 9 janvier 1981 « qu'en 1969 puis en 1972 (Lire Mémoire Sensible de vendredi dernier), l'assemblée départementale de...

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