Les femmes ont pris la parole lors du rassemblement spontané contre l'insécurité, mardi matin aux Chaînes-Brisées. L'intervention de Mylène Mathieu, au centre de la photo a été remarquée. Aline N'Guyen Van Vaï, ancienne de La France insoumise est à l'origine de ce rassemblement. • G. GUITTEAU
Une petite vingtaine de personnes a réagi, mardi matin à la demande de mobilisation contre l'insécurité après l'homicide volontaire perpétré contre un commerçant de Rémire, lundi soir.
L'émotion était forte, hier soir sur les réseaux sociaux quand la Guyane a appris l'attaque d'une supérette à Rémire vers 20h30 et le décès de son gérant.
Un groupe Whatsapp “coup giol” (coup de gueule) a proposé un rassemblement devant les Chaînes-Brisées à 10 heures, au bout du boulevard Mandela à Cayenne. Une petite vingtaine de personnes s'est déplacée. Un rassemblement décevant mais qui ne décourage pas les participants. Le ton était vif chez Mylène Mathieu l'ancienne candidate à la législature et représentante des infirmiers libéraux.
Nous avons laissé la parole à trois autres femmes présentes sous une forme de micro-trottoir. La question de la légitime défense, un droit très restrictif en France est remis en question. Gabriel Serville, quand il était député en 2016, après le meurtre de Patrice Clet plaidé pour « réformer une partie du code pénal et notamment faire évoluer les critères de légitime défense en Guyane » . Il se défendait alors de toute velléité « d'instaurer le droit de tuer » , mais réclamait pour les citoyens la « garantie de pouvoir vivre tranquillement chez eux » . « La population, précise-t-il, a le désagréable sentiment que la loi protège davantage les malfrats qu'elle ne protège les honnêtes citoyens. C'est à ce niveau-là que je voudrais qu'on inverse la tendance. » Les députés de Guyane, Davy Rimane et Jean-Victor Castor donnent une conférence, mercredi dès 8 heures, au dos du cimetière municipal, du côté du boulevard Mandela à Cayenne.
Aline N'Guyen Van Vaï souhaite que la population s'organise afin de se protéger.
• G. Guitteau
"Je prône la légitime défense"
Aline N'Guyen Van Vaï, membre du mouvement Guyane apaisée, réconciliée et apaisée : “ Il faut briser la violence comme on a brisé l'esclavage. C'est pour cela que le lieu de notre rassemblement à une importance. Nous devons nous organiser pour lutter contre cette insécurité. Bien entendu, nous devons toujours agir dans le cadre de la prévention mais nous devons aussi nous protéger. Je prône la légitime défense en cas d'agression. Les forces de l'ordre sont là mais pas assez nombreuses. Il faut les aider dans cette lutte. Comme disait,un membre de notre groupe hier soir : “Je préfère être en prison que six pieds sous terre.”
Issue de l'association Fanm Dibout, Huguette Laurence n'est pas loin d'appeler à la création de milice d'auto-défense.
• G. Guitteau
"C'est eux ou nous"
Huguette Laurence dit “Guéguette” : “Nous sommes là pour nous organiser. On ne marchera plus. On n'en peut plus. Maintenant, quand mon petit-fils qui a trente ans sort, je ne dors plus. Je dois attendre son appel pour être rassurée. Il y a assez de gendarmes dans le pays mais il faut leur donner les moyens d'agir. Et l'un de ces moyens consiste à modifier le droit à la légitime défense. J'ai combattu pendant 25 ans dans “fanm dibout” contre les milices. C'est fini. Nous allons être obligés d'en arriver là. C'est eux ou nous. Moi, je vais choisir de m'armer.”
Touchée de plein fouet par la violence après le décès de son beau-fils, Sylvia Ponet interpelle l’État.
• G. Guitteau
"Monsieur Queffélec ne fait pas le travail"
Sylvia Ponet : “On a tué mon beau-fils l'an dernier pour ses bijoux. Alors c'est dur de voir les meurtres s'enchaîner sans que personne agisse. Monsieur Queffélec ne fait pas le travail. Il ne connaît même pas les chiffres. Hier, il intervient sans savoir que l'épicier était décédé. Je voudrais juste savoir pourquoi le comité de suivi des accords de Guyane sur la sécurité ne s'est jamais réuni. Le préfet dit qu'il fait mais nous ne voyons pas ce qu'il fait sur le terrain. Je ne dis pas que cette violence provient de l'immigration mais le manque de contrôle de celle-ci montre bien que le préfet n'agit pas.”
Un nouvel appel à la mobilisation a été de nouveau lancé pour mercredi 17 heures toujours aux Chaînes-Brisées à Cayenne. Trop'Violans a annoncé de son côté, une marche vendredi 2 septembre à 17 heures depuis la caserne des pompiers jusqu'à la préfecture.
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