L’esclavage est un attentat contre la dignité humaine
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L’esclavage est un attentat contre la dignité humaine

Me Patrick Lingibé, ancien bâtonnier, vice président de la conférence des bâtonniers de France
Me Patrick Lingibé, ancien bâtonnier, vice président de la conférence des bâtonniers de France • BERNARD DORDONNE

Le titre retenu pour cet article provient du premier considérant énoncé dans le décret du 27 avril 1848 portant abolition de l’esclavage dans les colonies françaises : « Considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine ». On sait moins que l’abolition du système esclavagiste français sur le plan juridique est intervenue en trois phases.

Une abolition en trois phases

La première résulte du décret du 4 mars 1848 du gouvernement provisoire qui a institué, auprès du ministre provisoire de la Marine et des Colonies François Arago, la Commission d’abolition de l’esclavage « pour préparer, dans le plus bref délai, l’acte d’émancipation immédiate dans toutes les colonies de la République ».

La deuxième, qui est la plus connue, est incarnée par le décret du 27 avril 1848 portant abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, suite aux travaux de la commission mise en place en vue de réfléchir sur les modalités de l’abolition du système esclavagiste.

La troisième phase est moins connue alors qu’elle est la plus importante puisqu’elle touche à l’effectivité de l’abolition de l’esclavage dans chacune des colonies françaises. Pour rappel, l’article 1er du décret du 27 avril 1848 prévoyait bien l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies et possessions françaises mais de manière différée, à savoir « deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d’elles ». Autrement dit, l’abolition s’est faite sur le terrain de manière non uniforme car le régime colonial supposait que chaque gouverneur prenne un acte de transposition du texte parisien arrivé par bateau dans la colonie qu’il administrait....