Les sages-femmes dans la rue
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Les sages-femmes dans la rue

Stéphanie BOUILLAGUET
Les sages-femmes ont manifesté à Cayenne (notre photo) et à Saint-Laurent (KV)
Les sages-femmes ont manifesté à Cayenne (notre photo) et à Saint-Laurent (KV)

Hier, les sages-femmes ont manifesté à Cayenne et Saint-Laurent pour réclamer une meilleure reconnaissance de leurs compétences. Les maternités ont néanmoins fonctionné normalement.

Une cinquantaine de sages-femmes ont manifesté hier matin route de la Madeleine et aux abords de l'hôpital de Cayenne. Elles se sont ensuite rendues à l'Agence régionale de santé, où le directeur les a reçues en fin de matinée. Portant un masque blanc cerné de larmes rouges, elles ont clamé des slogans et chanté leurs revendications sur des airs populaires : « Nous sommes les sages-femmes, compétentes pour les femmes, ça doit faire au moins mille fois, qu'on le crie sur les toits. »
Toutes les sages-femmes du centre hospitalier de Cayenne étaient en grève, selon Mandy Frayssinet, l'une des porte-parole du mouvement. La maternité a néanmoins fonctionné normalement avec les sages-femmes assignées. À Saint-Laurent du Maroni, une trentaine de sages-femmes se sont également réunies devant la sous-préfecture pour faire entendre leurs revendications.
D'ABORD CONSULTER UNE SAGE-FEMMEEN
Les sages-femmes de Guyane relayent le mouvement de grève national pour réclamer une meilleure reconnaissance de leurs compétences. Elles souhaitent obtenir un statut médical, alors qu'elles sont aujourd'hui assimilées au personnel paramédical. « Dans notre champ de compétences, nous sommes totalement autonomes, avec les responsabilités que ça comporte. Nous ne travaillons pas sur prescription, comme les infirmières par exemple » , souligne Rainer Kramer, sage-femme au Centre hospitalier de l'Ouest guyanais. Le diplôme des sages-femmes est reconnu au niveau bac + 3 malgré leurs cinq années d'études (première année de médecine et quatre années de spécialisation). « Nous avons tous les jours la vie de la femme et de son bébé entre nos mains » , ajoute Rainer Kramer. Les sages-femmes réalisent 80% des accouchements.
Elles veulent aussi être reconnues comme « praticiens de premier recours » pour toutes les femmes en âge de procréer. « À l'image des médecins généralistes, nous voulons être le professionnel que les femmes voient en premier pour un suivi gynécologique, pour obtenir une contraception ou quand elles sont enceintes, poursuit Rainer Kramer. Cela permettrait aussi de désengorger les cabinets des gynécologues-obstétriciens, qui se consacreront pleinement à leur spécialité : la prise en charge des pathologies. » Une vingtaine de sages-femmes exerce en libéral en Guyane.

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