Les pompiers guyanais visent l'international
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Sécurité

Les pompiers guyanais visent l'international

Saluel Zralos
Exercice pompier slm
Sous le regard de leur chef de section, l'équipe logistique installe une tente médicale. • SZ

De vendredi à dimanche, des pompiers de Saint-Laurent du Maroni et Mana, rejoints par leurs confrères de Matoury et Cayenne, s'exercent au premier niveau de l'Insarag. S'ils obtiennent cette certification internationale, ils pourront intervenir à l'étranger en cas de catastrophe naturelle ou industrielle.  

Chaque section - logistique, soins, etc. - s'active, concentrée, dans l'ancien hôpital de Saint-Laurent, ce samedi matin. Toutes et tous sont là jusqu'à 1 ou 2h du matin, pour simuler la recherche, la salvation et le soins d'une trentaine de victimes d'un tremblement de terre en zone urbaine, dissimulées dans les bâtiments.
Le but : évaluer leur capacité à intervenir dans le respect des normes internationales mises en place depuis une décennie. Obtenir, d'ici deux ou trois ans, la certification Insarag (International Search And Rescue Advisory GroupInternational Search And Rescue Advisory Group), sésame pour des interventions à l'étranger. 
Ompiers slm
Face au plan des bâtiments, les équipes de recherche et de sauvetage organisent leurs déplacements, pour maximiser l'efficacité. • SZ
Attentifs, gilet siglé sur le dos et clipboard en main, des observateurs surveillent le bon déroulement des opérations. Pour le premier niveau passé aujourd'hui, les inspecteurs sont français, venus de la préfecture à Cayenne. « On est déjà en Guyane, l'ONU ne veut pas forcément déplacer des observateurs étrangers pour rien », explique le lieutenant colonel Brett, chef d'État major interministériel de zone, qui assure que pour les niveaux deux et trois de la certification, des internationaux seront chargés de l'évaluation.
 
Pour l'instant sont observés « le perçage des murs, le montage du camp, l'aide. La santé des intervenants est également pris en compte. On veut vérifier qu'ils ont déjà appris des choses ». Et si seulement 28 participants sont effectivement évalués, l'action des autres est prise en compte, puisque la certification sera valable pour l'ensemble du service.
 
« Tirer vers le haut tout le système »
 
Objectif bien en vue, Jean-Paul Levif, colonel des pompiers et directeur départemental du Sdis, souligne volontiers l'importance de tout ce cirque. Déjà pour une question « d'entraide avec les pays frontaliers ». Mais aussi pour « tirer vers le haut tout le monde, tout le système et créer des vocations ». 
 
Malgré deux ans « perdus avec le Covid », le directeur ne lésine pas sur les moyens. 100 000 euros ont déjà été investis pour l'achat de nouveaux matériels comme des drones, des caméras thermiques, de quoi établir des camps de base, et autant sont budgétés chaque année jusqu'au précieux sésame.
Deux ou trois « entraînements pratiques, concrets, sur des items bien précis » sont ainsi prévus par an, ainsi que des stages d'entraînement à l'étranger. Et pour les mauvaises langues qui ne comprendraient pas le besoin d'aider les pays voisins, Jean-Paul Levif rappelle que « si la Guyane était victime d'une catastrophe, avoir la certification nous aiderait aussi à accueillir de l'aide étrangère très facilement, en connaissance des standards ».