La Guyane s'unit de nouveau contre la délinquance
Plusieurs parties de la société guyanaise se sont réunies dans une marche contre l'insécurité, à Cayenne, vendredi 2 septembre. Il était question de solidarité, de peur et d'un appel vibrant à l’État pour que celui-ci donne les moyens nécessaires de lutter contre les attaques aux biens et aux personnes, statistique dont la Guyane termine chaque année en tête des territoires français depuis au moins 2016.
“On ne se taira plus jamais”, “Y'en a marre des balles gratuites”, “Ensemble contre l'insécurité”.
Dans un troisième coin, les citoyens et badauds attendent le top départ qui doit conduire les manifestants devant la préfecture.
Le représentant de l’État a publié vers 16 heures, opportunément diront certains, coïncidence diront d'autres, la nouvelle venue d'un escadron de gendarmerie mobile soit une centaine de personnes dédiées à la “délinquance de proximité sur la voie publique”, indique la place Héder.
“Des annonces comme ça on en a marre, on veut savoir pour faire quoi. Ce n'est pas une question d'effectif mais de priorisation des missions. Là, on dit qu'ils veulent lutter contre la prolifération des armes à feu et ils mettent des surveillances dans les grand axes. Vous pensez que les bandits sont des demeurés, des cons ? Et la preuve, regardez le nombre d'arme saisie... Une”, réagit à chaud Yvane Goua qui a terminé deuxième du scrutin des dernières législatives.
Les manifestations sont centralisées sur Cayenne mais l'association Trop'Violans n'oublie pas les autres communes. Des manifestations devaient avoir lieu aussi à Saint-Laurent et à Kourou. Les libres services ferment leurs portes dès 17 heures jusqu'à demain. - G. GuitteauDes commerçants sont venus en guise de solidarité et pour dire combien ils ont peur. C'est le cas de Michel Chaya, représentant de la chambre de commerce et d'industrie : “Toute la population guyanaise est concernée. Nous avons tous peur, dans toutes nos surfaces nous avons des vigiles qui coûtent très cher mais qui nous rassurent car ils peuvent peut-être empêcher des crimes violents. Le commerçant chinois n'aurait pas eu le temps d'appuyer sur un éventuel bouton panique mais toutes les solutions et précautions doivent être prises bien que nous ne pouvons pas toujours répondre à cette violence gratuite et barbare.”
“Lui seul peut nous permettre de nous projeter vers une véritable action concertée, en partenariat et en complément de l’action de l’État, dont nous devrons aussi obtenir qu’il mette enfin les moyens matériels et humains en adéquation avec la menace à laquelle nous devons faire face aujourd’hui”, écrit-il dans une lettre ouverte.
A quelques pas, Yazid, fils de l'ancien président du Conseil général, Joseph Ho-Ten-You est venu en tant que père de famille et citoyen. Il forme une sorte de relais entre la communauté chinoise présente et les autres groupes venus défilés : “On est tous mains dans la main. Le libre-service est un lieu de cohésion social. On se rencontre chez le Chinois. Il faut que ces personnes qui gagnent cinq centimes par article arrête de risquer leur vie.”
“ Le laxisme est le responsable de toute cette insécurité. Pour les mules, c'est open bar. Est-ce que vous comprenez pourquoi le scanner ne fonctionne que lorsqu'ils veulent parce que la réglementation européenne empêche de voir à l'intérieur du corps ? Le préfet nous dit que le nombre de force de l'ordre par habitants est plus élevé en Guyane. C'est de l'hypocrisie.
Il y a 1380 militaires, 750 policiers et 450 gendarmes. C'est ce dernier chiffre qui nous intéresse, en plus cette statistique est ramené à la population évaluée par l'Insee. Une évaluation que tout le monde sait être fausse. Il faut arrêter avec ça”, pointe Yvane Goua tandis que le cortège, de plusieurs centaines de personnes, certains disent 2 000, démarre dans un air de déjà vu, pour le meurtre de Maurice Chen-Ten-You... le 16 juillet 2016.
M.Cléoma

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