Commémoration de l'abolition : la Guyane et son histoire
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Commémoration de l'abolition : la Guyane et son histoire

Louisette MARMOT
La Béninoise Martine de Souza, conservatrice du musée de Oudiah, a participé aux conférences des Journées de la Liberté (JMK)
La Béninoise Martine de Souza, conservatrice du musée de Oudiah, a participé aux conférences des Journées de la Liberté (JMK)

Samedi, à la cité administrative régionale, des conférences et des ateliers étaient organisés sur le thème « Patrimoine et mémoire de l'esclavage : des lieux, des hommes, des outils » .

L'esclavage a été trop longtemps occulté. Mais depuis quelques années, différentes manifestations sont organisées autour du 10 juin pour rappeler aux Guyanais ce pan essentiel de leur histoire.
Lors des conférences programmées samedi par le conseil régional, dans le cadre des Journées de la Liberté, on a appris nombre de choses très intéressantes sur l'héritage de l'esclavage et de la période coloniale en Guyane. Ainsi, de nombreuses rues porteraient encore aujourd'hui à Cayenne le nom d'esclavagistes (ex : la rue Malouet). Par contre, d'autres hommes dont nos rues portent le nom, comme François Arago, avaient fait le choix d'aider les esclaves à acquérir leur liberté. Autre anecdote : Madame Payée, de son nom africain Suzanne Amanba, esclave à l'époque, aurait profité de l'abolition. Elle aurait été affranchie après s'être mariée avec un soldat. Durant la période coloniale, elle possédait l'une des plus grandes exploitations avec son mari.
DES LIEUX ET DES MONUMENTS
De nombreux lieux chargés de l'histoire de l'esclavage auraient été oubliés. Comme le Canal Laussat, la Crique Fouillé, le Canal Beauregard à Rémire-Montjoly... Des lieux nés de la main des esclaves. À l'angle des rues Général de Gaulle et du 14 juillet, existait auparavant une fontaine portant le nom d'un célèbre esclave, Dunez. La fontaine a été démolie pour permettre la construction de cet immeuble.
Les abattis Kotica, entre Apatou et Grand Santi, sont aussi un haut lieu de cette histoire. Des Bushinengués s'y sont battus au péril de leur vie pour leur liberté.
Par ailleurs, de nombreux monuments d'aujourd'hui nous rappellent les atrocités de l'esclavage ou son épilogue : le monument du rond-point Vidal, la statue du boulevard avec les chaînes brisées, la tombe de Victor Hugues au cimetière de Cayenne, ou encore plus la statue de Victor Schoelcher tenant l'épaule d'un esclave en lui montrant le chemin de la liberté.
Ce n'est que tardivement, entre 1970 et 2008, que cette prise de conscience a commencé et que ces monuments ou statues ont êté érigés. La Guyane a parfois encore du mal à parler de l'esclavage. Mais petit à petit, la vérité de l'histoire se fait jour.

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