À Cayenne, cent cinquante manifestants sont partis samedi matin de la place des Chaînes-Brisées pour arriver à la place des Palmistes. À Saint-Laurent, ils étaient une quarantaine à marcher samedi matin (SR)
La manifestation était organisée samedi matin. Certains ont regretté le peu d'élus politiques dans les rangs. Ambiance.
Les banderoles sont déployées. Les musiciens chauffent leurs instruments. Samedi matin à Cayenne, peu après 9 heures, cent cinquante personnes ont participé à la marche contre le racisme organisée par deux syndicats d'enseignants. Les manifestants sont partis de la place des Chaînes-Brisées pour arriver à la celle des Palmistes.
Liliane, une Cayennaise de 52 ans, a « tout déprogrammé (ce qu'elle avait à faire) pour être présente » . Pour elle, il était essentiel d'être là. « On commence par assimiler les personnes à des animaux et après ça dérive. C'est pour ça qu'il faut réagir tout de suite. » C'est d'autant plus important pour elle d'être là que la victime de ces attaques racistes s'appelle Christiane Taubira, « une enfant du pays, une Guyanaise » , scande Liliane.
Christian, Cayennais de 50 ans, utilise les mêmes mots. Cet élu au conseil municipal du chef-lieu parle d'une « fille du pays qui est victime. Ça nous touche tous dans notre chair. »
Les marcheurs ont regretté que très peu d'élus soient présents. Jean-Claude, Cayennais de 63 ans, a son explication. « C'est le problème des Guyanais. Les leaders sont toujours peu soutenus. » Et le sexagénaire de citer Félix Éboué, Léon-Gontran Damas ou Justin Catayée qui, en leur temps, ont été, selon lui, aussi peu soutenus que Christiane Taubira ne l'est aujourd'hui. Et le Cayennais de conclure : « Si cela avait été un leader antillais, il l'aurait été davantage. »
Liliane partage cette analyse. « La classe politique est frileuse. À part de petites réactions par-ci, par-là, il n'y a pas grand-chose... Ailleurs, en Martinique ou en métropole on arrive à mettre ses différences de côté et à se réunir. »
D'autres marcheurs veulent rester positifs. « Cette marche est importante. Elle est symbolique » , explique Nathalie, Cayennaise de 42 ans. « Il faut qu'on arrête et qu'on change nos mentalités. Surtout avec la crise, il faut développer la solidarité. » « Il faut marquer le coup. Il faut se lever pour dire non » , renchérit Jean-Claude, de son côté. « On sait bien que le racisme ne va pas disparaître du jour au lendemain. »
Une autre manifestation est organisée demain. Membre du conseil municipal de Cayenne, Nestor, 64 ans, est certain qu'il y a aura plus de monde. « En plus c'est organisé par le parti de Christiane Taubira! » Alors...
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