Laurent Giffard est en première ligne dans ce combat. Il figure parmi les salariés déplacés (KA)
Alors qu'ils ont commencé à exercer leur droit de retrait il y a sept semaines, les salariés des Archives départementales ne comptent pas abdiquer. Ils ont introduit un recours au tribunal administratif sur la légalité de leur mouvement.
Face à face terrible entre le conseil général, propriétaire des Archives départementales, et une partie des salariés qui exercent leur droit de retrait depuis le 22 septembre, après avoir émis un droit d'alerte. Et les choses ne semblent pas aller vers l'apaisement. « Nous sommes en position d'attente » , confie Laurent Giffard, qui parle d'une « politique de décalage et d'humiliation » de la part de la collectivité départementale. Lui et un autre agent viennent d'être déplacés. Une mutation vécue comme une sanction, toute comme la retenue sur salaire que le conseil général entend effectuer pour « absence de service fait » . La collectivité considère illégal ce droit de retrait. Pourtant, les salariés mettent en avant leur sécurité et leur situation sanitaire pour justifier leur action. « Il n'y a pas de détecteur d'incendie » , explique l'un d'eux. Un autre rappelle que des produits chimiques sont utilisés dans l'atelier de restauration et évoque l'absence du document unique d'évaluation des risques. Ce document doit hiérarchiser les risques et permettre d'engager une démarche de prévention. « La situation est dangereuse pour le personnel » , reprend le salarié. Laurent Giffard, lui, annonce que plusieurs employés sont tombés malades. D'autres ont volontairement demandé leur mutation.
RETOUR À LA « SÉRÉNITÉ »
Depuis le 24 octobre dernier, les salariés, épaulés par le syndicat Sud Collectivité territoriale, ont déposé un référé auprès du tribunal administratif afin de défendre leur droit de retrait.
« Il y a aucun doute que l'inertie du Département face à la situation de danger vécue dans l'exercice de leurs fonctions par les agents des Archives départementales caractérise une atteinte aux droits élémentaires des agents » , explique leur avocat. Le conseil général a été invité, par le tribunal, à remettre un mémoire avant ce vendredi. En attendant, les Archives départementales sont ouvertes mais, selon les aveux d'un salarié, il n'est pas possible de consulter l'ensemble des documents. L'Association des professeurs d'histoire et de géographie a envoyé, mi-octobre, une lettre ouverte au président Tien-Liong dans laquelle elle souhaite un retour à la « sérénité » dans l'intérêt des usagers.
Lire aussi nos éditions des 14, 24 et 25 septembre.
(KA)
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