Accidents de la route : les pompiers alertent sur le fait de transporter soi-même un blessé
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Accidents de la route : les pompiers alertent sur le fait de transporter soi-même un blessé

M. AL
Donner l'alerte, attendre les secours.
Les secouristes arrivent sur place suite à l'alerte donnés par les témoins • DR

Ce mardi 25 juillet, lors de la dernière réunion de sécurité inter-services en présence du préfet Thierry Queffélec, des représentants de la police, de la gendarmerie et des pompiers, le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) a fait état d'un constat inquiétant. Le Sdis obersve une tendance à se substituer aux pompiers et à vouloir transporter par ses propres moyens les victimes d'accidents de la route. État des lieux.

Lors de cette réunion de travail au cours de laquelle le représentant de l'État en Guyane est informé du taux d'accidents et des avancées en terme de sécurité, le Sdis a rapporté une tendance observée surtout dans les zones extra-urbaines du territoire à transporter seuls, en dépit des risques encourus pour les blessés, les accidentés de la route vers les centres de soins.

Le Lieutenant-colonel Lama a dénoncé ces pratiques qui, quoique marginales, mettent en danger la vie des victimes.

« Dernièrement à Sinnamary, on a un accident sur la voie publique avec trois véhicules, six personnes indemnes, un blessé, au téléphone tout le monde est conscient, à l'arrivée des secours, une personne est inconsciente, le pronostic vital est engagé, lorsqu'on interroge les autres passagers, on apprend que la victime a été déplacée. À Chicago, à la crique, on a quelqu'un qui est décédé récemment, un blessé par balle, ses amis l'ont transporté, la balle a bougé : il en est mort », déplore le professionnel.

Quand peut-on procéder à un dégagement d'urgence ?

« Un dégagement d'urgence ne doit être réalisé que s'il y a un risque vital pour cette personne, pour effectuer un massage cardiaque, on va faire un dégagement d'urgence. Il faut pour cela être formé aux techniques de premiers secours », précise le professionnel. Deuxième cas de figure, en cas de départ de feu dans le véhicule.

Si cette tendance n'est pas en augmentation et suit globament l'augmentation du nombre d'accidents, le personnel du Sdis regrette ces comportements et tient à rappeller que « l'attitude des gens ne doit pas faire perdre des chances de survie aux blessés. »

 

Selon eux, cet état de fait est multi-factoriel.

La distance aux centres hospitaliers.

Ils sont au nombre de trois en Guyane, le Chog à l'ouest, le CHC sur l'île de Cayenne et le CHK pour la communauté des savanes.

Géolocalisation des structures de santé
Source : ARS Guyane - 2019. ET : établissement ; HAD : hospitalisation à domicile ; PMI : Protection maternelle et infantile ; CDPS : Centre délocalisé de prévention et de soins.

En théorie, le temps moyen d'intervention des pompiers une fois l'alerte reçue est de deux minutes en zone urbaine sur le littoral.

« Une fois que vous donnez l'alerte, vous aimeriez bien que les pompiers apparaissent dans la minute comme par magie. Mais si vous êtes au PK80 ou au PK95 de la RN2, ce n'est pas pareil que si vous êtes au PK12. Vous savez que vous allez avoir les pompiers à moins de dix kilomètres. Or on ne peut pas mettre des casernes en plein milieu de la RN1. », rappelle le Lieutenant-colonel Batany.

Dans ces zones urbaines ou péri-urbaines, la tendance est plutôt à attendre les secours mais dans les zones moins anthropisées où le réseau téléphonique est parfois instable, le problème persiste.

Les zones blanches : des zones sans réseau

Autre frein à la prise en charge rapide des accidentés de la route, la non couverture mobile d'une partie du territoire.

Gros chantier de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) pour amener les communications sur la route de l'Ouest et de l'Est, une partie du territoire reste cependant hors de la couverture mobile, ce sont les zones blanches.

« Dans les zones rurales, la personne peut faire une demi-heure voire quarante minutes avant de nous joindre par téléphone », constate le lieutenant-colonel.

 

« En Guyane, globalement sur le territoire, on gagnerait à remettre des campagnes de prévention routière »

Pour le personnel du Sdis, les bons gestes restent les mêmes.

« Il faut appeler les secours, nous donner les bonnes adresses et surtout rester auprès de la victime, parler à la victime pour la garder en état de conscience cela permet que les fonctions vitales de la personne restent éveillées. Sur une route, éviter le sur-accident en signalant aux autres voitures de ralentir. Et attendre... »

La coopération transfrontalière

Ces dernières années, les services de secourisme des plateaux des Guyanes ont accentué la coopération transfrontalière entre la Guyane, le Suriname et le Brésil pour mutualiser la formation et les équipements utilisés dans les secours aux accidentés de la route.

Une ambulance devrait prochainement être livrée à Albina.

 

Où se former aux premiers secours ? 

Contactez le Comité Départemental des Secouristes Francais - Croix Blanche de Guyane au 05 94 31 38 04.

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