Vaccination en Guyane : une couverture encore insuffisante malgré des progrès
À l'occasion de la Semaine européenne de la vaccination, les dernières données 2025 de Santé publique France révèlent une amélioration de certaines couvertures vaccinales en Guyane, mais des niveaux encore largement en deçà des objectifs, notamment chez les nourrissons et les adolescents
Malgré une amélioration de certaines couvertures vaccinales, la Guyane reste en retard par rapport aux objectifs de santé publique, notamment chez les nourrissons et les adolescents.
Le dernier bulletin de Santé publique France, publié ce 27 avril, souligne une progression contrastée. Chez les nourrissons, la vaccination contre les méningocoques ACWY, devenue obligatoire en 2025, atteint 53 % pour une première dose. Celle contre le méningocoque B progresse également, avec 21 % des enfants de 21 mois à jour de leur schéma vaccinal, ce qui reste plus bas que les niveaux observés à l'échelle nationale.
Les autres vaccinations obligatoires restent toutefois en deçà des objectifs de 95 % fixés par l'Organisation mondiale de la santé. La couverture du vaccin hexavalent plafonne à 58 %, celle du pneumocoque à 67 %, et la vaccination contre la rougeole demeure insuffisante pour interrompre la circulation du virus, dans un contexte de reprise en France.
Un retard marqué chez les jeunes
La situation est plus préoccupante chez les adolescents. En 2025, seuls 4 % des 11-14 ans et 2 % des 15-24 ans sont vaccinés contre les méningocoques ACWY.
La vaccination contre les papillomavirus humains progresse, mais à un rythme encore insuffisant. Si l'écart entre filles et garçons tend à se réduire, la couverture complète ne concerne que 18 % des filles et 9 % des garçons à 16 ans. Ces niveaux restent très éloignés de l'objectif national de 80 % d'ici 2030, nécessaire pour réduire significativement les cancers liés à ces infections.
Par ailleurs, le rappel vaccinal contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite n'atteint que la moitié des adolescents, traduisant un déficit global de suivi vaccinal dans cette tranche d'âge.
Les campagnes scolaires en première ligne
Face à ces constats, les autorités sanitaires misent fortement sur les campagnes de vaccination en milieu scolaire. Depuis 2026, celles-ci ont été élargies pour inclure la vaccination contre les méningocoques ACWY en complément de celle contre les papillomavirus.
Sur le territoire, une stratégie spécifique a été mise en place avec un rattrapage vaccinal étendu à l'ensemble des collégiens, de la 6e à la 3e. Cette organisation permet d'améliorer progressivement la couverture vaccinale, avec une participation des établissements qui atteint désormais 95 %.
Cependant, plusieurs obstacles freinent encore l'efficacité de ces campagnes. Les démarches administratives, notamment les autorisations parentales, ainsi que des contraintes logistiques, comme l'absence de carnets de santé ou les difficultés d'organisation dans les établissements, ralentissent le déploiement des vaccinations.
Une population globalement favorable à la vaccination
Malgré ces difficultés, l'adhésion à la vaccination reste élevée dans la région. Une large majorité de la population, en particulier chez les jeunes adultes, se déclare favorable à la vaccination.
L'objectif : atteindre des niveaux de couverture suffisants pour assurer à la fois une protection individuelle et collective, et limiter la circulation de maladies évitables, notamment dans un contexte de résurgence de certaines infections comme la rougeole.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters