Cinq jours d'excès alimentaires suffisent à dérégler votre cerveau
Une étude allemande publiée dans Nature Metabolism révèle qu'à peine cinq jours d'alimentation riche en snacks ultra-transformés suffisent à perturber durablement l'action de l'insuline dans le cerveau.
Des chercheurs de l'Université de Tübingen et de l'Institut de recherche sur le diabète et les maladies métaboliques du Centre Helmholtz de Munich ont soumis 29 hommes (18 dans le groupe "régime hypercalorique", 11 en groupe témoin) à un protocole rigoureux. Pendant cinq jours, le premier groupe a consommé 1 500 kcal supplémentaires quotidiennes sous forme de snacks sucrés et gras (type Snickers, brownies, chips), en plus de son alimentation habituelle. L'activité cérébrale a été mesurée par IRM avant, juste après le régime, et une semaine après le retour à une alimentation normale.
Juste après les cinq jours d'excès, les chercheurs ont observé une hypersensibilité à l'insuline dans des zones clés du cerveau liées à la récompense (insulaire, opercule rolandique, tronc cérébral). Paradoxalement, cette suractivation s'accompagnait d'une réduction de la sensibilité aux récompenses et d'une augmentation de la sensibilité aux punitions lors de tests comportementaux.
Des effets prolongés inquiétants
Une semaine après la fin du régime hypercalorique, le tableau s'inverse : l'activité insulinique devient anormalement basse dans l'hippocampe et le gyrus fusiforme, des régions cruciales pour la mémoire et la régulation alimentaire. Ces zones sont justement celles dont l'altération est observée dans l'obésité et la maladie d'Alzheimer. En seulement cinq jours, la teneur en graisse du foie a augmenté de façon significative chez le groupe soumis au régime riche. Cette accumulation hépatique était directement corrélée aux changements cérébraux observés, suggérant un lien mécanique entre l'excès alimentaire, le foie et le cerveau.
Un mécanisme identifié avant même la prise de poids
Le plus frappant : tous ces effets sont survenus sans changement de poids corporel, sans modification de la sensibilité à l'insuline dans le corps (périphérique), et sans augmentation des envies de nourriture. Cela suggère que le cerveau est le premier organe à subir les conséquences d'une alimentation déséquilibrée, avant même que l'obésité ne s'installe. Cette étude révèle que le cerveau peut développer une résistance à l'insuline après seulement quelques jours d'excès, créant un terrain favorable à la prise de poids et aux troubles métaboliques. Elle souligne l'importance de la régularité alimentaire et la vulnérabilité particulière du système nerveux aux assauts de la malbouffe, même ponctuels.

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