Cancer : 4 cas sur 10 dans le monde pourraient être évités, révèle une étude mondiale
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Cancer : 4 cas sur 10 dans le monde pourraient être évités, révèle une étude mondiale

Par Christophe VERGER c.verger@agmedias.fr
Selon une nouvelle analyse de l'OMS quatre cancers sur dix pourraient être évités à l'échelle mondiale.
Selon une nouvelle analyse de l'OMS quatre cancers sur dix pourraient être évités à l'échelle mondiale. • SHUTTERSTOCK

Une étude de l'OMS et du CIRC, portant sur 185 pays, révèle que 37% des nouveaux cancers, soit 7,1 millions de cas en 2022, sont attribuables à des facteurs de risque évitables. Le tabac, les infections et l'alcool sont les principales causes, avec des disparités flagrantes entre hommes et femmes.

L'étude, menée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), constitue une avancée majeure. En analysant les données de 185 pays sur 36 types de cancer, les chercheurs ont pu évaluer avec une précision inégalée le poids de 30 facteurs de risque modifiables. Pour la première fois, neuf agents infectieux cancérigènes, comme le papillomavirus humain (HPV) ou Helicobacter pylori, ont été intégrés à cette analyse globale aux côtés des causes comportementales (tabac, alcool, IMC élevé) et environnementales (pollution de l'air).

Le Dr Ilbawi, chef de l'équipe Lutte contre le cancer de l'OMS et co-auteur, souligne l'importance de cette démarche : "Il s'agit de la première analyse mondiale montrant dans quelle mesure le risque de cancer est lié à des causes évitables. Ces informations peuvent contribuer à prévenir les cancers avant qu'ils ne se déclarent".

Tabac, infections, alcool : le trio de tête des risques mondiaux

Les résultats désignent clairement les principaux responsables. Le tabagisme reste la première cause évitable de cancer à l'échelle mondiale, étant à l'origine de 15 % des nouveaux cas diagnostiqués en 2022. Il est suivi de près par les infections (10 %) et la consommation d'alcool (3 %).

L'analyse révèle que près de la moitié des cancers évitables dans le monde se concentrent sur trois organes :

- Le poumon, principalement dû au tabagisme et à la pollution de l'air.

- L'estomac, largement attribuable à l'infection à Helicobacter pylori (bactérie qui infecte la muqueuse gastrique).

- Le col de l'utérus, causé dans l'immense majorité des cas par le papillomavirus humain (HPV).

Des inégalités frappantes : le genre et la géographie comme facteurs clés

L'étude met en lumière des disparités considérables. La charge des cancers évitables est nettement plus élevée chez les hommes (45 % des nouveaux cas) que chez les femmes (30 %). Cette différence s'explique en grande partie par le tabagisme, responsable d'environ 23 % des nouveaux cas chez les hommes, contre seulement 6 % chez les femmes à l'échelle mondiale. La géographie joue également un rôle prépondérant. Les régions présentent des profils de risque très variés, reflétant des expositions et des niveaux de développement socio-économique différents :

- Chez les hommes, le fardeau le plus élevé est observé en Asie de l'Est (57 %) et le plus faible en Amérique latine et dans les Caraïbes (28 %).

- Chez les femmes, il varie de 24 % en Afrique du Nord et en Asie de l'Ouest à 38 % en Afrique subsaharienne.

Un appel à une action politique coordonnée et ciblée

Ces chiffres ne sont pas une fatalité, mais un formidable levier d'action. La Dre Isabelle Soerjomataram, directrice adjointe de la Branche Surveillance du cancer du CIRC et autrice principale, affirme : "S'attaquer à ces causes évitables est l'un des moyens les plus efficaces d'alléger la charge mondiale des cancers".

L'étude appelle ainsi à des stratégies de prévention adaptées et coordonnées entre plusieurs secteurs (santé, éducation, transports, travail). Les mesures prioritaires identifiées incluent :

- Le renforcement des politiques strictes de lutte antitabac.

- La réglementation de la consommation d'alcool.

- La vaccination généralisée contre l’HPV et l'hépatite B.

- L'amélioration de la qualité de l'air et la promotion d'environnements sains favorisant l'activité physique.

Cette action concertée pourrait non seulement épargner des millions de vies et de souffrances, mais aussi réduire considérablement les dépenses de santé à long terme, offrant une perspective de santé publique à la fois efficace et efficiente.

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