Un colloque « international » itinérant sur la question foncière
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Politique

Un colloque « international » itinérant sur la question foncière

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr
Jean-Victor Castor
Jean-Victor Castor explique sa stratègie afin d'obtenir de l'Etat les 93% des terres guyanaises en sa possession : dialogue, pressions internationales, rapport de force en Guyane, droit. • GG

C'était une promesse de campagne de Jean-Victor Castor, le député de la première circonscription : amener l'expérience « internationale » dans le combat qu'il mène contre l’État pour obtenir la gestion intégrale des terres en Guyane. Il organise une semaine de rencontres avec la population et des spécialistes de la question foncière, d'Apatou à Roura du 21 au 25 novembre.

Le mot « international » va faire sourire ou grincer des dents. Le colloque sur la question foncière organisé par Jean-Victor Castor, du 21 au 25 novembre s'intitule « Ralliement international ».

Les nations invitées sont : corse, kanak, martiniquaise, guadeloupéenne et polynésienne.

On ne discutera pas d'ici de ce qu'est une nation entre la vision d'un Ernest Renan ou de celle de Benedict Anderson mais effectivement un État peut posséder plusieurs nations n'en déplaisent aux Jacobins.

Et plus important, c'est bien un échange d'expériences qui est proposé pendant cette semaine avec des participants qui ont affronté différents contextes pour réussir à obtenir la gestion de leur foncier.

En Guyane, 93% des terres appartiennent à l’État mais une disparité existe entre les communes. Cela est lié à plusieurs décrets celui du senatus-consulte de 1854, d'un décret de 1900 en partie abrogé par celui du 6 janvier 1946 et celui du 6 novembre 1947. C'est un fait unique en France.

Le MDES, parti du député souhaite la fin de ce monopole depuis sa création, il y a trente ans. Cette question était au cœur de la campagne des législatives en avril dernier.

 

« Il faut en finir avec cette situation illégitime et illégale de l’État français. Ils n'ont pas de titre de propriété », stipule l'élu.

 

Installer un rappport de force contrat l'Etat aidé par des institutions internationales

 

Pour ce dernier, un rapport de force doit s'installer avec l'Etat et donc la population doit s'accaparer cette question d'où l'idée de ces rencontres.

On pourra regretter qu'aucun représentant autochtone canadien ou d'un autre pays que la France n'ait été invité puisque la question de l'autochtonie et des termes à employer dans ce combat pour l’émancipation foncière parcourt la Guyane depuis la colonisation.

Nous ne sommes pas contre l'obtention de terres par les autres Guyanais. Nous disons juste qu'il ne s'agit pas d'une rétrocession des terres. Car celles-ci appartiennent aux peuples autochtones, aux Amérindiens et elles nous ont été volées par les colons”, rappelait Christophe Yanuwana Pierre, des jeunesses autochtones dans France-Guyane.

 

Cette organisation avait quand même haussé le ton en octobre lors du déplacement de la délégation guyanaise à Paris pour commencer les travaux sur la réforme statutaire, corollaire de la question foncière. “Les peuples autochtones sont le socle millénaire de la Guyane et ils le sont toujours. Cette coutume politique qui consiste à sans cesse nous tenir loin des cercles de décision doit prendre fin maintenant. La Guyane va se construire avec nous et en respectant nos systèmes de représentation. Nous avons fait face à “la France une et indivisible”, nous saurons faire face à cette politique guyanaise qui veut nous rendre invisible."

Le programme du "ralliement international" sur l'accès et la maîtrise des terres
• DR

Dans le programme du colloque international, une rencontre est prévue sur ce thème à Saint-Laurent : La restitution des terres et les peuples autochtones à 17 heures. Le député a fait attention d'inviter personnellement tous les représentants de ces nations aux différentes réunions.

La volonté clairement affichée consiste à rassembler les gens sur cette urgence aux yeux de Jean-Victor Castor, “le préalable à tout développement” loin pourtant des préoccupations actuelles de la population qui subit un appauvrissement inquiétant. Rappelons qu'en 5 ans, la part de la population sous le seuil de pauvreté est passée de 32% à 53%. Plus d'un quart des Guyanais vivent avec moins de 500 euros par mois.

La Guyane un territoire qui se paupérise
• INSEE