Lors des discussions pour la loi de finances rectificatives en juillet, le sénateur Antoinette défendra un amendement rendant la charge des salaires à l'État (photo d'archives)
Le sénateur guyanais prévoit de déposer un amendement lors de la prochaine loi de finances rectificative prévue en juillet. L'objectif étant de supprimer l'article de la loi 1900 qui impose le règlement des salaires de prêtres par le Département.
Jusqu'à présent, il était resté assez discret sur ce dossier qui passionne les foules depuis que le président du conseil général a annoncé la fin d'une situation exceptionnelle. Effectivement, depuis mai, la collectivité ne prend plus en charge les salaires des prêtres catholiques qui officient en Guyane. Et même la décision du tribunal administratif ne semble pas influencer Alain Tien-Liong qui, visiblement, est prêt à se lancer dans un bras de fer avec les autorités religieuses comme étatiques. Le président du Département obtient ainsi un soutien de la part du sénateur Antoinette qui souhaite, lui aussi, que la collectivité ne soit en plus responsable de cette charge financière.
« La loi de séparation de l'Église et de l'État du 9 décembre 1905 n'a jamais trouvé à s'appliquer en Guyane : son application en Outre-mer relève du décret » , explique l'ancien maire de Kourou. Le décret pris en février 1911 « a exclu la Guyane de son champ d'application » . Il estime que la Guyane, sur la question des ministres du culte catholique, régie par deux textes anciens : l'ordonnance royale du 27 août 1828 et la loi de finances 1900, dont l'article 33 « inscrit comme dépense obligatoire des colonies le traitement des agents que l'État prenait en charge jusqu'à cette date » . Et depuis la décentralisation, c'est le conseil général qui a en charge le traitement des ministres du culte catholique. En tout cas jusqu'au mois de mai dernier.
SUPPRESSION D'UN ARTICLE
« Afin de laisser le temps au débat de s'organiser et que les Guyanais peuvent apprécier la situation du culte catholique et celles des autres cultes » , Jean-Étienne Antoinette suggère « de sortir cette dépense du budget du Département » sans pour autant mettre de côté le salariat du clergé catholique en Guyane. Pour ce faire, il entend déposer un amendement lors des discussions sur la prochaine loi des finances, en juillet, visant à supprimer l'article 33 de la loi de finances de 1900. « Ainsi, poursuit le parlementaire, le salaire des ministres du culte catholique ne sera plus une charge pour le conseil général mais reviendra au ministère de l'Intérieur, comme c'est le cas pour les cultes reconnus en Alsace-Moselle. »
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