Moyen-Orient : Macron ordonne le déploiement du Charles-de-Gaulle
Dans une allocution solennelle, le Chef de l'État a annoncé ce mardi une série de mesures militaires et diplomatiques face à l'embrasement au Moyen-Orient. Alors que "le détroit d'Ormuz est aujourd'hui fermé", Emmanuel Macron a ordonné le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée.
Face à l'escalade militaire qui secoue le Proche et le Moyen-Orient, la France muscle sa posture. Emmanuel Macron a annoncé avoir ordonné au porte-avions Charles-de-Gaulle de faire route vers la Méditerranée. Une décision forte qui s'inscrit dans une stratégie plus large de "projection d'une force défensive" dans la région. "Beaucoup de choses sont encore instables, mais la France demeure une puissance qui cherche à préserver la paix, une force puissante et stable", a justifié le chef de l'État, alors que les tensions menacent directement les intérêts stratégiques et les ressortissants français.
Point d'alerte majeur de cette allocution : la situation dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part significative du pétrole mondial. "Le détroit d'Ormuz est aujourd'hui fermé", a déploré Emmanuel Macron, appelant à une réponse collective. "Je cherche à bâtir une coalition pour sécuriser les voies maritimes essentielles", a-t-il insisté, confirmant que la France entend jouer un rôle moteur dans la protection de ces axes vitaux pour l'économie mondiale.
Guerre au Liban : Macron met en garde Israël et pointe la responsabilité du Hezbollah
Alors que "la guerre s'étend au Liban depuis ces dernières heures", le président français s'est livré à un exercice d'équilibriste, distribuant les mises en garde avec discernement. "Le Hezbollah a commis une faute majeure en frappant Israël en premier et en mettant les Libanais en danger", a-t-il asséné. Mais dans la même foulée, Emmanuel Macron a prévenu l'État hébreu : "Israël serait en train de décider une opération terrestre : ce serait là aussi une escalade dangereuse et une erreur stratégique". Appelant Tel-Aviv à "respecter le territoire libanais et son intégrité", le chef de l'État a réaffirmé le soutien de la France "aux autorités libanaises dans leurs efforts courageux pour reprendre en main leur sécurité".
Sur le terrain, la France a déjà essuyé des tirs. Emmanuel Macron a révélé que deux bases militaires françaises dans la région avaient subi des "frappes limitées", sans faire de victimes. En réponse, Paris a considérablement renforcé son dispositif militaire : "En plus des moyens déjà présents, des radars et des Rafales ont été déployés ces dernières heures", a détaillé le président, annonçant également l'envoi d'une frégate française, le Languedoc, au large de Chypre. Le chef de l'État a par ailleurs rappelé l'existence d'accords de défense liant la France à plusieurs pays de la région : "Nous avons des accords qui nous lient avec le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis, la Jordanie et nos alliés kurdes. Nous avons abattu des drones en légitime défense".
400 000 Français dans la région, les rapatriements s'organisent
L'une des priorités du moment est la protection des ressortissants français. "Près de 400 000 de nos compatriotes sont présents dans la région", a indiqué Emmanuel Macron, annonçant que "nous sommes en train d'organiser en bon ordre le rapatriement". Deux vols évacuant des Français du Moyen-Orient sont d'ailleurs attendus ce mardi soir à Paris.
Par ricochet, la crise internationale a des implications directes sur le sol français. Le président a annoncé des mesures pour prévenir tout risque de débordement : "À ma demande, le gouvernement a renforcé le dispositif de protection militaire Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées".
L'Iran pointé du doigt, les États-Unis et Israël critiqués
Dans son analyse de la crise, Emmanuel Macron n'a pas mâché ses mots. "La république islamique d'Iran porte la responsabilité première de cette situation", a-t-il lancé, épinglant au passage le "programme nucléaire dangereux" du régime, son soutien à des "groupes terroristes" au Liban, au Yémen et en Irak, ainsi que son "ordre de tirer sur son propre peuple". Mais le président français a également pris ses distances avec les choix stratégiques de ses alliés : "Les États-Unis d'Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons approuver".
Avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, la France a d'ailleurs "clairement souhaité un arrêt des frappes", dans l'espoir d'endiguer une escalade dont personne ne sortirait gagnant.

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