Samedi soir, dès les premiers résultats
connus, tous les candidats avaient le même mot à la bouche :
abstention. Seul un électeur guyanais sur trois a tiré les rideaux
d'un isoloir pour effectuer son devoir civique. Pourtant la
participation à la présidentielle, en mai dernier, avait donné de
quoi espérer après des scrutins peu fréquentés comme la
consultation populaire voire les municipales. Et le vote anticipé
imposé à certains départements français comme la Guyane laissait
espérer des lendemains meilleurs.
Au contraire, les taux de participation aux
élections n'ont guère évolué dans le bon sens. À telle enseigne,
certains se demandent s'il n'est pas nécessaire aujourd'hui de
rendre le vote obligatoire. En France, cette question fait débat
depuis des lustres sans que personne ne tranche. Considéré comme
une utopie par certains, le vote obligatoire est une réalité dans
beaucoup de pays européens tout comme au Brésil. Les
abstentionnistes sont contraints à payer une amende ou éprouvent
les pires difficultés à renouveler leurs papiers d'identité. En
Belgique, les récidivistes peuvent être radiés de la liste
électorale pendant... dix ans.
En France, explique Georges-Antoine
Leblanc, il y a la tradition de « libre arbitre » . Pour ce
politologue, « il ne faut pas poser la question de la participation
mais du projet politique » . Il estime qu'il y a un véritable rejet
de la classe politique guyanaise. La population, selon lui, ne
fréquente plus les isoloirs parce qu'elle estime que « le...
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