Jamaïque : début du processus vers la destitution du roi Charles
La ministre jamaïcaine des Affaires juridiques et constitutionnelles a présenté à la Chambre des représentants, la loi portant modification de la Constitution de la République, afin de lancer le processus de remplacement du roi Charles par un président jamaïcain.
Le gouvernement jamaïcain a pris des mesures pour révoquer le roi Charles comme chef d'État cérémonial afin de devenir une république. Le 10 décembre, la ministre jamaïcaine des Affaires juridiques et constitutionnelles, Marlene Malahoo Forte, a présenté à la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement, la loi portant modification de la Constitution de la République de 2024, pour lancer le processus de remplacement du roi Charles par un président jamaïcain.
La Jamaïque est l'un des 14 royaumes où le roi, âgé de 76 ans, est chef d'État, et Marlene Malahoo Forte avait précédemment déclaré que la Jamaïque deviendrait une république d'ici aux prochaines élections générales de 2025. Marlene Malahoo Forte a qualifié cette décision de « moment historique ».
Le projet de loi sera désormais examiné par la Chambre jusqu'en mars 2025 avant de pouvoir être lu une deuxième fois, ce qui déclenchera probablement un débat sur les relations futures de la couronne britannique avec l'ancienne colonie. « Le dépôt de ce projet de loi marque le plus grand progrès réalisé jusqu'à présent dans nos efforts pour réformer la Constitution de la Jamaïque afin d'atteindre les objectifs nationaux d'avoir un Jamaïcain à la tête de l'État au lieu du monarque héréditaire britannique », a déclaré la ministre jamaïcaine des Affaires juridiques et constitutionnelles.
Une démarche en phase avec l'opinion
Marlene Malahoo Forte a déclaré que le projet de loi avait été présenté pour répondre à l'opinion en Jamaïque, où les gens veulent changer la constitution. « Chaque année, lorsque nous célébrons l'indépendance le 6 août, la nation est invitée à réfléchir à ses réalisations depuis l'indépendance et à ce qui reste à faire, et chaque année, la question est posée : quand allons-nous abolir la monarchie et avoir un chef d'État jamaïcain ? », a déclaré la femme politique.
La Jamaïque est devenue indépendante en 1962 après plus de 300 ans de contrôle colonial britannique, mais le pays avait choisi de conserver la reine Elizabeth comme chef d'État. Il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que le projet de loi ne devienne loi, notamment un examen par des commissions mixtes, un vote au Parlement et un référendum national.
Transformer la monarchie
Le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a exprimé haut et fort son intention de rompre avec la monarchie britannique. Andrew Holness avait promis de transformer la Jamaïque d'une Monarchie constitutionnelle en une République lors de sa campagne électorale. Il a été élu à la tête du pays en 2016 et a déclaré lors de sa prise de fonctions que son gouvernement présenterait un projet de loi visant à remplacer la reine Elizabeth par « un président non exécutif à la tête de l'État ».
En mars 2022, Andrew Holness a directement évoqué l'intention de son pays de se séparer de la couronne lors de sa rencontre avec le prince William et Kate Middleton lors de ce qui s'est avéré être une tournée controversée dans les Caraïbes pour le couple royal.
Le calendrier contesté
Avant d'accomplir le même destin que celui réalisé par la Barbade, il y a maintenant trois ans, le processus jamaïcain devra franchir certains obstacles la Barbade a coupé les ponts avec la couronne et est devenue une république indépendante en 2021 (lors d'une cérémonie à laquelle a assisté le futur roi Charles).
Les anciennes colonies britanniques du Guyana, de Trinidad-et-Tobago et de Dominique se sont toutes mobilisées pour devenir des républiques dans les années 1970. Il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que le projet de loi ne devienne loi, notamment un examen par des commissions mixtes, un vote au Parlement et un référendum national. Le projet devrait rencontrer des obstacles.
Les partis d'opposition contestent le calendrier avant les élections nationales de 2025 et évoquent le manque de clarté quant à la possibilité de faire de la Cour de justice des Caraïbes l'organe suprême du pays en lieu et place du Conseil privé du Royaume-Uni.

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