Ouverture en Martinique du procès d'un vaste réseau de favoritisme et de corruption
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Procès devant la Juridiction interrégionale spécialisée

Ouverture en Martinique du procès d'un vaste réseau de favoritisme et de corruption

Par Richard GARNIER r.garnieràagmedias.fr
Durant deux jours, devant le tribunal judiciaire de Fort-de-France,  est jugée cette affaire de deux sociétés, ayant imaginé une stratégie où elles auraient facturé plus de 2 millions d'euros à neuf communes, sans mise en concurrence.
Durant deux jours, devant le tribunal judiciaire de Fort-de-France,  est jugée cette affaire de deux sociétés, ayant imaginé une stratégie où elles auraient facturé plus de 2 millions d'euros à neuf communes, sans mise en concurrence. • IMAGE D'ILLUSTRATION/LAURA BAUDIER

Un vaste procès de favoritisme et de corruption s'est ouvert ce mercredi 29 avril devant la Juridiction Interrégionale Spécialisée (JIRS de Fort-de-France), au tribunal judiciaire de Fort-de-France, après onze années de procédure. Au total, neuf prévenus comparaissent dans cette affaire de marchés publics présumés irréguliers, dont six anciens maires, un ancien conseiller municipal et plusieurs acteurs économiques mis en cause.

Les faits remontent à la période 2006-2013, selon les informations relayées dans la presse locale et sur les réseaux de France 1ère, et l'instruction n'a été véritablement engagée qu'après un signalement effectué en mars 2015 par Marie-Yveline Pontchateau, aujourd'hui maire du Baillif, à la suite de la découverte d'une situation financière alarmante dans sa commune.

Mouvements suspects d'argent

Selon l'enquête, deux sociétés, Imagent une stratégie et Pro-CIT, auraient facturé plus de 2 millions d'euros à neuf communes sans mise en concurrence, dans un système soupçonné d'avoir mêlé favoritisme, corruption passive et détournements de fonds. Des mouvements d'argent jugés suspects vers l'étranger ont également été relevés. L'affaire, ancienne de vingt ans, a connu une longue instruction : les mises en examen sont intervenues en 2021 et l'ordonnance de renvoi date de 2024, ce qui explique que le dossier n'arrive devant la juridiction spécialisée qu'après de multiples reports.

Seuls trois anciens maires présents

À l'ouverture de l'audience, seuls trois anciens maires étaient présents : Georges Clairy, pour Vieux-Habitants, Marie Lucile Breslau, pour Baillif, et Auguste Fernand, pour Montsinéry-Tonnégrande. Les gérants des sociétés au cœur du dossier étaient absents. Le tribunal a par ailleurs rejeté les demandes d'annulation et de renvoi, confirmant la tenue du procès. Cette audience s'inscrit dans une série de dossiers politico-financiers qui, ces dernières années, ont continué d'alimenter les prétoires aux Antilles et en Guyane.

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