La grève continue à la CAF mais l'accueil est assuré
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La grève continue à la CAF mais l'accueil est assuré

Pierre ROSSOVICH

Les agents de la Caf poursuivent la grève. Les négociations n'ont pas repris. L'agence de Cayenne reste ouverte au public.

Environ 60% des agents de la Caisse d'allocations familiales (Caf) sont toujours en grève aujourd'hui. À l'agence de Cayenne, l'accueil est néanmoins ouvert au public, bien que fonctionnant a minima. Hier, sur 130 salariés, 74 n'avaient pas repris le travail. Les agences de Matoury, Kourou et Saint-Laurent sont restées fermées au public. Les représentants syndicaux et la direction ont, chacun de leur côté, rencontré l'inspecteur du travail de la Caf. Ce dernier s'est proposé pour servir de médiateur entre les deux parties, afin que les discussions puissent reprendre. Si la direction y était favorable, l'intersyndicale a refusé et demande désormais à la Mission nationale de contrôle et d'audit des organismes de sécurité sociale (MNC) de venir sur place superviser les négociations. L'intersyndicale annonce ce mercredi matin qu'elle va prendre un avocat. Le comité d'entreprise a également décidé d'entamer une démarche juridique. 
Pour rappel, l'intersyndicale UTG/CDTG-CFDT/CFE-CGC réclame toujours le paiement d'arriérés d'une partie de l'indemnité de congés payés (ICP), que les agents n'avaient jamais touchée avant cette année. C'est en 2012, lors de la mutualisation des salaires avec la Caf de Béziers, que le pot aux roses a été découvert : cette indemnité est versée aux 102 autres Caf de France depuis vingt ans. L'intersyndicale réclame donc un versement rétroactif, qui représenterait en moyenne 183 euros par salarié par an, soit 3 660 euros sur vingt ans.
LA CONFIANCE EST BRISÉE
La direction oppose à l'intersyndicale le principe de prescription et offre de verser l'indemnité sur cinq ans. « Les textes juridiques et réglementaires faisaient état, en 2012 lorsque nous nous sommes rendu compte de cette erreur, d'une prescription de cinq ans (elle a depuis été réduite à trois ans, ndlr) » , explique Isabelle Malinge, directrice de la Caf.
« Il ne s'agit pas d'une erreur, mais d'une omission volontaire » , accuse Xavier Louise-Rose, du syndicat UTG. Considérant qu'il s'agit d'une faute grave de la direction, l'intersyndicale réclame également le départ d'Isabelle Malinge, à son poste depuis quinze ans. « La pilule est trop grosse à avaler, continue Xavier Louise-Rose. Les salariés n'ont plus confiance en la direction, qui savait forcément. »
Si les agences en commune sont fermées, à Cayenne, la ligne de conduite est de ne « pas bloquer les allocataires » . L'accueil reste donc ouvert, bien que fonctionnant au ralenti. Les courriers sont réceptionnés et les prestations sont versées.
Isabelle Malinge déplore ce mouvement, qui met l'établissement en difficulté : « Nous avons dû fermer en avril dernier pour rattraper notre retard dans le traitement des dossiers. Nous étions désormais parfaitement à jour, et cette situation va à nouveau nous retarder. »
Réactions d'allocataires
À Cayenne, les allocataires sont beaucoup moins nombreux que d'habitude. Certains comprennent la démarche des salariés, comme Émeline, mère de deux enfants : « Ils ont raison de réclamer ce qui leur est dû. La vie est dure pour tout le monde, pourquoi devraient-ils renoncer à de l'argent qu'on leur doit ? » Angel, lui, est plus désabusé : « Il n'y a pas un bureau en Guyane où ça se passe normalement. Au final, les gens souffrent plus que les grévistes... »

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