Davy Rimane dans le JDD : "Le prochain gouvernement sera ultramarin ou ne sera pas"
Davy Rimane, député de la Gauche démocrate et républicaine, interpelle les Français dans une tribune publiée par Le Journal du Dimanche (JDD) sur son site, mardi 9 septembre.
« Ce qui se fissure dans l’Hexagone [en ce moment] s’y brise depuis longtemps en Outre-mer. »
C’est par ces mots que Davy Rimane, député de la Gauche démocrate et républicaine, interpelle les Français dans l’hebdomadaire du groupe Bolloré, Le Journal du Dimanche (JDD).
« C’est en Outre-mer que se condense la quintessence de la dislocation à l’œuvre en France. Partout, les mêmes ressorts produisent, peu ou prou, les mêmes effets », prévient le Kouroucien.
Alors que les manifestants du 10 septembre descendent dans la rue, l’élu remarque : « En Guyane, en Polynésie, dans les Antilles, en Corse, le même sentiment de dépossession s’installe. Il nourrit des colères sociales, contribue à affaiblir – pour ne pas dire rompre – le lien de confiance entre les citoyens et leurs représentants. De même, nous voyons émerger des mouvements sans bannière partisane qui expriment une volonté de partition vis-à-vis d’un État central défaillant. »
Les conséquences sont nombreuses et se vérifient à différentes échelles, selon le parlementaire. Il y a une double tentation. La première consiste à « se tourner vers d’autres puissances pour obtenir l’accompagnement économique et le développement que Paris échoue à garantir ». La seconde concerne davantage l’équilibre politique à l’intérieur de ces pays d’Outre-mer et l’adhésion « au discours du Rassemblement national, dont la progression traduit un rejet profond de l’ordre politique existant ».
La tribune, parue mardi 9 septembre, veut rappeler aux Français les plus éloignés des questions postcoloniales et/ou décoloniales que « si la France continue d’exister comme puissance internationale, c’est uniquement parce que lesdits “Outre-mer” lui assurent une présence dans tous les océans et lui confèrent la deuxième zone économique exclusive mondiale ».
Après-guerre, les puissances mondiales se sont affrontées dans les airs et dans l’espace. Mais la mondialisation et son corollaire, le transport maritime, ramènent les enjeux de pouvoir au niveau des océans. « Les mers redeviennent le théâtre de rivalités militaires et économiques qui détermineront demain de nouveaux équilibres et rapports de force », prévient Davy Rimane.
Et même si les analystes politiques voient dans la nomination de Sébastien Lecornu une continuité de la Macronie, le Guyanais continue d’interpeller l’État pour ne pas rater une opportunité de rupture qu’offre la nouvelle composition du gouvernement. « Le prochain gouvernement ne pourra pas être une simple répétition des précédents. Il devra être profondément ultramarin, dans sa composition, dans sa vision, dans sa manière de gouverner. Pas une nomination ornementale, pas une carte postale exotique, mais un gouvernement capable d’allier ses ambitions géostratégiques aux logiques d’émancipation portées localement.»
La tribune de Davy Rimane sur le JDD
À ce titre, on a appris, la semaine dernière, que le président de la République, Emmanuel Macron, recevra les élus ultramarins le 30 septembre. La rencontre doit porter sur le rapport consacré aux évolutions institutionnelles en Outre-mer, remis en décembre dernier par Frédéric Monlouis-Félicité et Pierre Égéa. Un rapport décrié par Davy Rimane, qui lui préfère le travail rendu début 2025 par la délégation des Outre-mer de l’Assemblée nationale, qu’il préside.

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