Davy Rimane appelle la population à se mobiliser contre les dysfonctionnements de l'Etat
Un premier rendez-vous est prévu à 18 heures, samedi, place des Palmistes à Cayenne
"Je comprends l'émoi mais le problème est plus profond", analyse le député Davy Rimane, lors de sa conférence de presse, vendredi à 11 heures, à Cayenne.
L'élu kouroucien a préféré mener son enquête avant de prendre la parole dans ce qui est désormais l'affaire du collège Auguste-Dédé et des insultes racistes proférées par un élève de 5e à l'encontre d'élèves noirs.
"Il s'agit au départ d'une dispute entre élèves. Des insultes homophobes, discriminatoires et racistes sont lancées de part et d'autres. La direction convoque les élèves qui s'excusent entre eux", indique Davy RImane.
Un travail pédagogique sur les discriminations et le racisme leur est demandé sous la forme d'un exposé. Tout le monde accepte sauf un élève. Les parents de ce dernier, policiers aux frontières portent plainte. Et l'affaire connaît la médiatisation en ce début d'année scolaire après l'interrogatoire de la principale par la gendarmerie.
"Avec cette médiatisation, une enquête administrative va être demandée par le préfet mais sinon rien ne se serait passé. Il en va de même pour le policier de la BAC. J'ai appris qu'il avait réussi un concours, obtenu une promotion et quitté le territoire sans aucune sanction", remarque le député.
"Je veux aller plus loin. Qui se rappelle ce lanceur d'alerte de l'ONF ? Personne ne l'a soutenu. Aucune collectivité locale ne lui a fourni un travail. Il est placardisé, depuis, dans son administration. Laissé seul. Pareil au Chog, où la nouvelle directrice commet des abus de pouvoir et rien est fait. Que dire de la DGCOPOP [direction générale de population, de la cohésion] dans l'affaire Mogès. Ils ont brisé sa carrière et sa vie alors qu'il vient d'être mis hors de cause par la justice. France-Guyane vient de publier un article où on voit la longue liste des abus d'agents de l'État. Il faut que cela s'arrête. Aujourd'hui !", tance le parlementaire.
Il décline les autres manquements en Guyane : les 50% d'élèves qui quittent la scolarité après la 3e ; les bidonvilles qui n'ont jamais été aussi nombreux. "Où est notre humanité quand on laisse vivre ces gens dans un tel bordel ?", s'interroge-t-il. Pour lui, deux responsables : les élus qui ne se coordonnent pas et la population qui ne se mobilise pas.
À ce propos, il appelle la population à venir place des Palmistes à 18 heures, ce samedi à Cayenne, pour discuter et proposer des solutions. "J'en ai plein. Mais rien ne se fera sans vous !".
Ce n'est pas la première fois que le député, souvent accompagné de son confrère Jean-Victor Castor, appelle à la mobilisation avec pour l'instant très peu de succès.

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