Le député Jean-Victor Castor réclame une cellule de crise pour la Guyane
Une cellule de crise face à " l'effondrement économique et social " que traverse la Guyane.
Le député Jean-Victor Castor appelle l'État, lors d'une séance de question à l'Assemblée Nationale le 25 novembre, à activer " immédiatement " une cellule de crise face à " l'effondrement économique et social " que traverse la Guyane. Il alerte sur une série d'indicateurs qu'il juge " catastrophiques " : plus d'un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté, 38 % de la population est en privation sévère, les prix explosent (+14 % sur la consommation, +39 % sur l'alimentation) et plus d'un tiers des 15-29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.
" Une crise structurelle, profonde "
Le chômage des jeunes demeure massif, avec plus d'un tiers des 15-29 ans sans emploi, ni études, ni formation – un taux trois fois supérieur à celui observé dans l'Hexagone. Les entreprises ne sont pas épargnées : le nombre de sociétés en difficulté a bondi de 120 %, les redressements et liquidations se multiplient, et les retards dans les marchés publics du BTP aggravent les fragilités. Pour Jean-Victor Castor, " le tissu économique s'asphyxie, laissant place à des activités illicites qui prospèrent à mesure que les activités légales reculent ".
Face à ce constat, il demande trois engagements précis :
– la mise en place urgente d'une cellule de crise ;
– un plan de réindustrialisation accompagné de foncier aménagé ;
– un statut dérogatoire réellement adapté aux réalités locales, permettant de mieux protéger les entreprises guyanaises.
" Les Guyanais n'attendent pas des discours, mais une rupture, maintenant ", a-t-il martelé.
La réponse du gouvernement : des indicateurs " contrastés "
Le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, a répondu en associant à ses propos la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, et le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure. Il assure que le gouvernement est " pleinement conscient " de la situation et souhaite travailler avec les élus et les forces économiques locales.
Sébastien Martin reconnaît les difficultés pointées par le député, mais rappelle également des éléments " plus encourageants " : une hausse de 27 % du PIB entre 2014 et 2024, une progression de l'emploi salarié, une augmentation de 6 % des créations d'entreprises et une hausse de 7 % des crédits accordés par les banques.
" La Guyane reste toutefois la deuxième région la plus pauvre de France ", précise-t-il, en soulignant le faible taux d'emploi, la dépendance aux importations et la faiblesse du secteur industriel. Le ministre évoque néanmoins plusieurs leviers : la jeunesse de la population, les ressources naturelles du territoire, le potentiel en énergies renouvelables, ainsi que l'intégration régionale renforcée à travers l'adhésion à la Caricom.
Il rappelle enfin que l'État consacre " 6,6 milliards d'euros " à la Guyane sur 2024-2025, dont 210 millions pour la cohésion des territoires, 62 millions pour les transports et 800 millions pour l'enseignement scolaire.
Si le gouvernement met en avant les investissements engagés et les signaux de reprise, Jean-Victor Castor estime qu'ils ne suffisent plus à répondre à l'urgence sociale et économique. Pour lui, seule une mobilisation exceptionnelle, structurée autour d'une cellule de crise et de mesures dérogatoires, permettra de stopper " la spirale de précarité et de décrochage ".

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