Assises du désenclavement: des discussions passionnées et des participants « mitigés »
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POLITIQUE

Assises du désenclavement: des discussions passionnées et des participants « mitigés »

Samuel ZRALOS
Gabriel Serville pour la CTG et la CCEG ont cette fois fait le déplacement, ainsi que les deux sénateurs et les deux députés de Guyane.
Gabriel Serville pour la CTG et la CCEG ont cette fois fait le déplacement, ainsi que les deux sénateurs et les deux députés de Guyane. • SZ

De nombreux élus se sont réunis jeudi matin à Saint-Laurent du Maroni devant les militants du collectif Apachi pour la deuxième étape des assises du désenclavement. Comme lors du premier rendez-vous, l'Etat a brillé par son absence.

 Après une première réunion à Maripasoula le 8 juillet dernier, Saint-Laurent a accueilli jeudi matin la deuxième étape des « Assises du désenclavement », avec pour objectif d'établir le « conseil de la continuité et de l'égalité territoriale », chargé de travailler cet épineux dossier, vieux serpent de mer du territoire.

Si Gabriel Serville pour la CTG et la CCEG ont cette fois fait le déplacement, ainsi que les deux sénateurs et les deux députés de Guyane, aucun représentant de l'Etat français n'a fait de même, malgré les quelques mètres qui séparent la mairie de Saint-Laurent et la sous-préfecture de l'ouest.
Séance animée de redites

Une absence qui n'a pas empêché la séance d'être animée et parfois vive. Plusieurs participants ont eu l'impression que M. Serville n'avait pas eu toutes les informations issues de la rencontre du mois dernier et de participer jeudi matin à une redite sur des points acquis.

« Mitigé », Philippe Dekon du collectif Apachi (« La route ») n'a pas retrouvé jeudi matin « la dynamique du 8 juillet ». Le comité de pilotage a été acté comme prévu, mais seulement dans la dernière demi-heure, après plusieurs heures de débat. « Ce n'est pas qu'on avance pas, mais on décélère un petit peu », estime le militant.
La « route du fleuve », toujours elle

La fameuse « route du fleuve » censée relier Maripasoula au littoral a été comme attendu le point de tension le plus important. Vantant son projet de dirigeables pouvant transporter 60 tonnes de fret - prévu pour 2026/2027 - comme solution complémentaire, Gabriel Serville a insisté sur le coût de l'opération, sur les risques que l'Etat ne suive pas et sur le temps nécessaire à sa réalisation, ce qui a semblé agacer plusieurs participants. « Vous n'avez pas tous les éléments » s'exclame ainsi un maripasoulien qui travaille dans le tourisme.

« On doit parler de désenclavement de la Guyane et la France va nous entendre qu'elle le veuille ou non » continue-t-il sous les hochements de tête vigoureux tant de Davy Rimane que de Jean-Victor Castor. « Même si ça coûte dix milliards, on a les arguments pour demander à l'Etat et à l'Europe de mettre la main à la poche » a renchéri le député de la seconde circonscription. Plus mesurée, Sophie Charles a également affirmé qu'il fallait « mettre dans la balance tout ce qu'on manque à gagner parce qu'il n'y a pas la route. A un moment il faut y aller » estime la présidente de la CCOG, quitte à ne pas faire une belle route goudronnée.
Prochaine étape le 22 octobre à Saint-Georges

Le désenclavement des communes de l'est ou de Saül, le désenclavement énergétique, la création annoncée de trois hôpitaux de proximité à Grand Santi, Maripasoula et Saint-Georges, ou encore l'agrandissement des aérodromes de Saint-Laurent du Maroni et Maripasoula n'ont eux été évoqués que rapidement. A charge pour le futur Conseil de la continuité et de l'égalité territoriale de continuer les travaux.

« On a rendez-vous samedi 22 octobre à Saint-Georges pour continuer la réflexion. A terme cela donnera un document de référence pour le gouvernement » nous a expliqué Gabriel Serville à l'issue de la réunion. Quant au collectif Apachi, il va « tirer les conséquences » de la journée et entendu bien être « copilote » du projet.