Carburants : le monopole de la Sara voué à disparaître ?
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ÉCONOMIE

Carburants : le monopole de la Sara voué à disparaître ?

Ayodele GERMA, a.germa@agmedias.fr
« Une société en situation de monopole ne peut pas continuer à faire des bénéfices sur le dos de citoyens qui triment pour s’en sortir », martèle Joëlle Prévot-Madère - © Shutterstock
« Une société en situation de monopole ne peut pas continuer à faire des bénéfices sur le dos de citoyens qui triment pour s’en sortir », martèle Joëlle Prévot-Madère - © Shutterstock

Durant ce mois de février, les prix des carburants connaissent une franche augmentation. De quoi relancer le débat sur les potentiels leviers de baisse des tarifs à la pompe. Tandis que certains politiques pointent du doigt la taxation locale, la Confédération guyanaise des très petites entreprises (CGPME) met en cause la situation monopolistique de la SARA qui, par ailleurs, bénéficie d’une rémunération fixe annuelle correspondant à 9% de ses capitaux propres, depuis l’année 2014.

 Ce n’est un secret pour personne, la S.A. de la Raffinerie des Antilles occupe en Guyane une position monopolistique. En raison de cette absence de concurrence quant au stockage et au raffinage du pétrole dans les Antilles-Guyane, le rapport Bolliet (du nom d’Anne Bolliet alors inspectrice générale des Finances Publiques) de 2009, portant sur la fixation des prix du Carburant dans les Outre-Mer, préconisait une tarification des prestations qui soit transparente, publique, et calculée à partir des coûts et non discriminante.

Une recommandation strictement respectée nous assure Rémi Le Gall, directeur financier et administratif de la SARA : « L’État exige de la SARA une saine gestion. Nous avons des coût fixes qui sont en baisse de 3% par an depuis 3 ans ».

Ces résultats semblent bien loin de désarçonner l’argumentaire de Joëlle Prévôt Madère, présidente d’honneur de la CGPME – et très certainement future candidate aux Législatives 2022 - qui remet en question l’opportunité même, d’un recours aux services de la SARA. « C’est la plus petite raffinerie européenne. Et elle ne peut s’occuper du raffinage du pétrole que pour les deux territoires historiquement prévus, à savoir la Martinique et la Guadeloupe. On a imposé européennes. La Sara a répondu favorablement, mais elle ne raffinera pas plus de produit, parce qu’elle ne le peut pas. Elle importera du produit raffiné ou quasiment raffiné auxquels on devra rajouter juste les derniers solvants ».

Questionné à ce propos, Rémi Le Gall, directeur financier réfute cette récrimination : « le raffinage se fait au profit des trois