Sébastien Lecornu visé par une plainte pour son « faux master »
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Sébastien Lecornu visé par une plainte pour son " faux master "

Christophe VERGER avec AFP
Une plainte a été déposée contre Sébastien Lecornu après son mensonge sur son master 2 de droit.
Une plainte a été déposée contre Sébastien Lecornu après son mensonge sur son master 2 de droit. • SHUTTERSTOCK - COPYRIGHT (C) 2025 ANTONIN ALBERT/SHUTTERSTOCK. NO USE WITHOUT PERMISSION.

Le Premier ministre est visé par une plainte devant la Cour de justice de la République pour avoir, selon le Snapen, laissé croire à la détention d'un master de droit public non obtenu.

La polémique enfle autour de la formation universitaire de Sébastien Lecornu. Le Syndicat national des agents publics de l'Éducation nationale (Snapen) a déposé plainte contre le Premier ministre, l'accusant d'avoir laissé persister pendant des années l'idée qu'il détenait un master de droit public, sans avoir validé la deuxième année de ce diplôme. La saisine de la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, réservée aux membres du gouvernement, marque une escalade juridique dans cette affaire révélée par Mediapart en septembre.

Le nœud du conflit réside dans la distinction entre l'ancienne maîtrise (Bac +4) et le master actuel (Bac +5). Selon les investigations de Mediapart, de 2016 jusqu'à récemment, plusieurs supports officiels, dont le site du ministère des Armées et son profil LinkedIn mentionnaient la détention d'un "master de droit public". Interrogé dans Le Parisien, Sébastien Lecornu a rectifié : "J'ai validé ma maîtrise en droit, donc un master 1". Une clarification tardive pour le syndicat, qui dénonce dans sa plainte une volonté de "faire croire" à la détention d'un diplôme non obtenu et "l'utilisation en connaissance de cause d'un diplôme dont il n'était pas titulaire".

La défense du Premier ministre : le "mépris social"

Face aux accusations, Sébastien Lecornu a choisi la contre-offensive. "J'ai ressenti dans cette fausse polémique une forme de mépris social", a-t-il déclaré, soulignant avoir validé sa maîtrise à l'Université Panthéon-Assas. Un argument qui place le débat sur le terrain de la légitimité universitaire et des représentations sociales, plutôt que sur la stricte exactitude des informations divulguées.

Me Vincent Brengarth, avocat du Snapen, souligne qu'"aucun diplôme n'est requis pour être membre d'un gouvernement". Cependant, le syndicat estime que "l'absence de transparence sur le niveau d'études acquis, par un ministre d'État, est de nature à porter atteinte à la crédibilité de la certification par les universités publiques françaises". La plainte met en lumière un enjeu plus large : la valeur des diplômes nationaux et l'exemplarité attendue des plus hautes fonctions de l'État. Une question d'autant plus sensible dans un contexte de défiance accrue envers les institutions.

Les corrections a posteriori

Depuis les révélations, les biographies officielles ont été modifiées. Le site de Sébastien Lecornu mentionne désormais simplement des "études de droit à l'université Paris 2 Panthéon Assas", sans précision de diplôme. Sur LinkedIn, la formulation ambiguë "Master, droit public général, 2005-2008" persiste, entretenant selon ses détracteurs un flou artistique sur son parcours universitaire réel.

Cette affaire, qui mêle précision biographique et perception sociale des diplômes, intervient dans un contexte politique tendu où la transparence des représentants de l'État est scrutée plus que jamais. La suite dépendra désormais de la décision de la commission des requêtes de la CJR, qui devra juger si cette affaire mérite une suite judiciaire.

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