Correctionnelle: 2 ans de prison pour son 7e transport de cocaïne
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Correctionnelle: 2 ans de prison pour son 7e transport de cocaïne

Par Richard GARNIER (r.garnier@agmedias.fr)
À la barre du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, on a appris qu'il pouvait y avoir des dettes de transport de cocaïne.
À la barre du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, on a appris qu'il pouvait y avoir des dettes de transport de cocaïne. • SHUTTERSTOCK

Le 7ème transport de cocaïne incorporé aura été fatal à Abdul Soké, Guyanais de 22 ans. Cela faisait 4 ans qu'il était obligé par ses commanditaires d'effectuer gratuitement des acheminements de stupéfiants vers l'Hexgone, pour avoir perdu, à l'époque, sa cargaison prohibée. Il écope de 2 ans d'emprisonnement ferme.

On connaissait les dettes de jeux. À la barre du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, on a appris qu'il pouvait y avoir des dettes de transport de cocaïne. Lorsqu'une mule réussit son passage, mais qu'elle ne restitue pas la poudre blanche à son destinataire, elle se voit obligée d'effectuer un certain nombre d'autres passages gratuitement. C'est ce qui est arrivé à Abdul Soké, Guyanais de 22 ans.

Cette injonction à rembourser lui a été notifiée par les trafiquants il y a quatre ans. Du même coup, ces derniers lui ont imposé des voyages supplémentaires. « Je venais d'en effectuer six », déclare le prévenu. « Il me donnait de l'argent simplement pour acheter les billets d'avions, avec un petit reliquat ». Et lorsqu'il est contrôlé par les douaniers de l'aéroport Pôle Caraïbes, il est pris la main dans le sac. Un sachet dans le caleçon, et 17 ovules ingurgités, soit 627 grammes de cocaïne.

Disparaître ou mourir

Et c'est bien parce que les contrôles sont effectués à 100% dans son département d'origine, la Guyane, que le prévenu se rabat sur les Antilles. « Je m'apprêtais à effectuer mon septième voyage, lorsque j'ai été intercepté. Les ovules m'avaient été livrés en Guadeloupe ».

Puis, il explique la pression dont il est victime. « Déjà qu'auparavant, les trafiquants me mettaient la pression et me tabassaient pour que je rembourse. Ils me menaçaient de mort. Désormais, il va falloir que je change de vie et de nom. S'ils me retrouvent, ils me tueront. Et ils savent où j'habite régulièrement à Saint-Etienne dans l'Hexagone ».

Après que le ministère public a demandé une peine de trois ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis, son avocate, Maître Aurélie Tolassy, insistait sur la situation de son client, où « la misère s'ajoute à la misère. Contraint qu'il est d'effectuer gratuitement des voyages pour rembourser sa dette. Il s'agit d'une contrainte morale qui le force à se retrouver devant le tribunal pour la troisième fois. Jusqu'à aujourd'hui, il regrette cette erreur d'avoir accepté, à ses 18 ans, de participer au trafic. »

L'avocate concluait sa plaidoirie en envisageant « que même s'il était incarcéré, les commanditaires pourraient le tuer. Et ils menaceraient même sa famille de représailles ».

Des arguments que les trois juges ont seulement pris en considération en augmentant la période avec sursis par rapport à la peine qui avait été demandée. Condamnant Abdul Soké à trois ans d'emprisonnement dont un an avec sursis, mais prononçant un mandat de dépôt à l'audience, l'envoyant ainsi directement en prison pour purger cette peine de deux ans d'emprisonnement ferme.

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