Les pays de l'UE trouvent un accord sur de nouvelles sanctions contre la Russie
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Les pays de l'UE trouvent un accord sur de nouvelles sanctions contre la Russie

Les drapeaux de l'Union européenne, devant la Commission à Bruxelles, le 9 juin 2026
Les drapeaux de l'Union européenne, devant la Commission à Bruxelles, le 9 juin 2026 • NICOLAS TUCAT

Il a été question de poissons, de pétrole, de gaz et de visas: après des semaines de négociations, les Européens ont finalement trouvé jeudi un accord pour infliger de nouvelles sanctions à la Russie, au prix de plusieurs reculs par rapport à la proposition initiale.

Arraché dans la matinée, ce compromis permet avant tout de continuer à limiter les revenus pétroliers de Moscou, qui financent une grande partie de sa guerre en Ukraine.

Il prolonge pendant un an un dispositif de plafonnement du prix du pétrole exporté par la Russie, à 44 dollars le baril. Cette décision pourrait coûter quelque 3,5 milliards de dollars à Moscou, selon Bruxelles.

Car sans ce plafonnement, le prix du pétrole russe, autorisé à l'exportation, aurait pu grimper, se rapprochant peu à peu des prix internationaux, élevés en raison de la guerre en Iran.

Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, en février 2022, les 27 pays de l'UE ont sanctionné des pans entiers de l'économie russe, ainsi que de nombreuses personnes ou entités.

Afin de mettre la pression sur Moscou, ils adoptent régulièrement de nouveaux trains de sanctions. Depuis plusieurs semaines, Bruxelles débattait ainsi de ce 21e paquet.

Cryptomonnaies et flotte fantôme

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est réjouie de l'accord conclu jeudi.

"A l'heure où l'Ukraine engrange des avancées sur le front militaire, nos sanctions continuent de fragiliser les fondements économiques de la machine de guerre russe", a-t-elle souligné sur le réseau social X.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui remercié les pays européens de "maintenir la pression sur la Russie". Il espère que des travaux pour un prochain paquet de sanctions aboutiront "rapidement"

Les mesures adoptées jeudi comprennent par ailleurs des interdictions de transactions visant le secteur financier russe, de nouvelles sanctions à l'encontre des cryptomonnaies et des restrictions commerciales afin de fragiliser l'industrie militaire russe.

Les sanctions visent aussi de nouveaux navires pétroliers de "la flotte fantôme", utilisés par la Russie sous de faux pavillons pour transporter de l'énergie et autres marchandises.

Le cas de la Grèce

Ce paquet a toutefois dû être sensiblement allégé par rapport à la proposition initiale de Bruxelles.

Il a fallu l'adapter pour lever les réticences de la Grèce au sujet du gaz naturel liquéfié (GNL).

Athènes plaidait pour que l'UE autorise ses entreprises à continuer de transporter du GNL, tant qu'il était destiné à des clients en dehors de l'Europe. 

Un compromis a été trouvé sur ce point. Ces transferts de GNL vers les pays tiers seront permis par dérogation pour les contrats conclus avant le 24 février 2022, date de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Et les pays européens réexamineront cette dérogation chaque année.

Selon un fonctionnaire, cette concession à la Grèce est liée au risque "réel" que le transport de GNL soit aussitôt repris par des entreprises chinoises, si les compagnies européennes étaient contraintes d'y renoncer.

Plusieurs autres mesures ont été abandonnées, ou assouplies.

La Commission européenne avait ainsi proposé d'interdire aux Russes ayant combattu en Ukraine d'entrer dans l'Union européenne. Selon des diplomates, les Etats membres se sont seulement engagés à œuvrer en faveur d'une telle interdiction à l'avenir.

La Bulgarie s'est aussi targuée d'être parvenue à bloquer l'inscription du patriarche orthodoxe russe Kirill sur la liste des personnes visées par un gel des avoirs et une interdiction de visa.

Des diplomates ont par ailleurs indiqué que le Portugal et la France s'étaient opposés à une interdiction des importations de morue et de lieu d'Alaska russes.

Malgré des années de sanctions occidentales, Moscou a réussi à poursuivre sa guerre en Ukraine. 

Les responsables européens estiment toutefois que ces mesures sapent peu à peu les ressorts économiques de la machine de guerre russe. Selon des diplomates, l'exercice se complique néanmoins: après plus de vingt trains de sanctions, les Vingt-Sept peinent à s'accorder sur de nouvelles cibles.

adc-del-cjc/jca

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