Après la tornade dévastatrice, le village de Pomas panse ses plaies
Au milieu des décombres et des arbres arrachés, pompiers, habitants et volontaires s'activent mercredi à Pomas, dans l'Aude, après le passage d'une tornade d'une rare intensité, pour déblayer, sécuriser et protéger les plus de 300 maisons endommagées, dont 102 sont désormais inhabitables.
Dans les petites rues de la bourgade d'un millier d'habitants située à mi-chemin entre Perpignan et Toulouse, les dégâts témoignent de la violence de la tornade, qui a déboulé sur Pomas lundi peu après 17H00: partout des gravats, des arbres déracinés, des tuiles arrachées, des véhicules éventrés ou renversés, des maisons aux vitres soufflées ou aux volets dégondés.
Juchés sur les toits effondrés de l'église et d'habitations dévastées, des pompiers et des bénévoles viennent en aide aux sinistrés pour tendre des bâches bleues protectrices des biens et effets personnels des habitants, en prévision de la pluie attendue en soirée, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le bilan humain provisoire a été établi mardi soir à 48 blessés dont 20 hospitalisés. Il est resté inchangé à ce stade, selon les autorités.
Parmi les vingt personnes hospitalisées, "aucune n'est dans un état qui inspire de l'inquiétude", avait déclaré mardi le préfet de l'Aude Alain Bucquet.
"Fort heureusement, le bilan humain est un peu plus léger que le bilan matériel", avait-il dit sur place.
Selon un bilan matériel provisoire établi mardi soir par la préfecture, 330 maisons ont été impactées sur les 496 que compte le village. Sur les 293 évaluées en fin de journée mardi, 191 sont habitables mais 102 sont totalement détruites, selon un communiqué préfectoral.
Les 126 pompiers déployés à Pomas mercredi se consacrent en urgence "au bâchage, au déblaiement", à la sécurisation et à séparer les maisons habitables de celles qui ne le sont plus, a déclaré sur place un porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS), selon lequel des entreprises privées interviendront sur le bâti dans les jours qui viennent.
"Tremblement de terre"
Venus des communes voisines, de nombreux volontaires participent aux travaux, comme les joueurs du club de rugby de Carcassonne, ou apportent vivres et vêtements pour les sinistrés à l'entrée du village, où un gendarme filtre les allers et venues.
"On est là pour rendre service", explique à l'AFP Laurent, un bénévole qui conduit une nacelle prêtée par la proche bourgade d'Alzonne. "On réalise que nos petits soucis ne sont rien du tout à côté de ce qui leur arrive. Tout le monde me parle de tremblement de terre, c'est ça qui leur vient à l'esprit"
Comme après un séisme, les villageois et leurs proches fouillent les décombres dans l'espoir de récupérer ce qui peut l'être. Un couple qui doit se marier le mois prochain a raconté à un photographe de l'AFP rechercher leurs alliances dans les gravats. Au coeur de la maison éventrée, la jeune femme a sorti un faire-part du mariage puis un disque dur avec les photos du couple.
Les aiguilles arrêtées
Parmi les édifices partiellement effondrés, figurent la mairie, les deux écoles du village et le château fort de Pomas, datant du XVIe siècle, dont l'angle nord-est a été détruit.
A l'école communale du "Petit Prince", les aiguilles de l'horloge se sont arrêtées à 5H04, quand la tornade s'est abattue sur le village après 17H, a constaté un journaliste de l'AFP.
La présidente de la région Occitanie Carole Delga doit se rendre sur place mercredi à 14H30 aux côtés notamment d’Hélène Sandragné, présidente du département de l’Aude et de Régis Banquet, président de Carcassonne Agglo.
En France, on dénombre quelques dizaines de tornades chaque année, la plupart de faible intensité, selon Météo-France.
bur-dmc-chv/sp

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