Pointe Simon : de l'usine centrale à sucre en 1845 à la Tour Lumina (1/2)
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Pointe Simon : de l'usine centrale à sucre en 1845 à la Tour Lumina (1/2)

André-Marc Belvon
Après les événements de 1848, la Révolution en France, troisième révolution française après celles de 1789 et de 1830, et l'abolition de l'esclavage, entre autres, l'industrie cannière va traverser des turbulences dont beaucoup ne vont pas se relever. L'usine de la Pointe Simon est alors la seule à fonctionner . Son propriétaire va devoir à nouveau déployer des trésors d'imagination pour mettre au point un nouveau matériel, pour un meilleur rendement.
Après les événements de 1848, la Révolution en France, troisième révolution française après celles de 1789 et de 1830, et l'abolition de l'esclavage, entre autres, l'industrie cannière va traverser des turbulences dont beaucoup ne vont pas se relever. L'usine de la Pointe Simon est alors la seule à fonctionner . Son propriétaire va devoir à nouveau déployer des trésors d'imagination pour mettre au point un nouveau matériel, pour un meilleur rendement. • ARCHIVES TERRITORIALES DE MARTINIQUE

Jérôme Simon Chauvot fut le premier à s'intéresser en 1763 à cette petite bande de terre marécageuse située à l'embouchure de la rivière Levassor, pour l'assécher. Elle prendra le nom de la Pointe Simon. Depuis, de nombreux chapitres de son histoire vont s'écrire, depuis le point de cabotage qu'elle fut, à la décharge municipale des décennies plus tard, en passant par l'emplacement de dépôts de matériaux de toutes sortes après 1902, puis celui de l'abattoir municipal. Mais deux des chapitres les plus marquants restent la construction de la première usine centrale à sucre de la Martinique en 1845, bénéficiant de récentes innovations techniques, et la réalisation du complexe de la Tour Lumina, inauguré en 2012.

«L'usine de la Pointe-Simon est avec les Forts Desaix, Saint-Louis et les Arsenaux de la Marine, l'une des curiosités de Fort-de-France. Il n'est pas un voyageur, un étranger qui traverse la ville sans aller la visiter (...). C'est une de ces merveilles de l'industrie moderne (...) », écrivait le journal de référence de l'époque, Le Moniteur de la Martinique dans son édition du 15 avril 1855. Le premier édifice industriel construit dans la colonie, bénéficiant des acquis de la révolution industrielle, donnait alors son plein rendement. Il avait été racheté quelques années plus tôt par la société J.F Cail & Cie, un des fleurons des entreprises françaises, spécialisé dans la construction de machines à vapeur pour les sucreries et de locomotives, après la mise en liquidation en 1847 d'un entrepreneur de nationalité anglaise, Richard Thorp. C'est celui par qui la Martinique a pu se doter en 1845 de sa première usine centrale à sucre à vapeur. Elle permettait à la colonie de passer de l'artisanat à l'âge industriel. En effet, jusqu'au milieu du XIXe siècle, le souci du monde de la canne en Martinique était de faire progresser les rendements. Comment ? Par des procédés plus avantageux.

Deux industriels, Charles Derosne, chaudronnier, et Jean-François Cail, métallurgiste, leaders sur le marché des locomotives, décident d'étendre leurs activités vers la construction de matériel destiné à l'industrie sucrière. Leur société, créée à Paris le 4 mars 1836, rachète des brevets principalement en Angleterre. Et ils proposent de nouvelles techniques pour décupler la production sucrière. 

En Martinique, ces nouvelles techniques retiennent l'attention de Richard Thorp, établi de longue date dans notre île. Il y jouit d'un important crédit. Il a obtenu la régie des travaux de génie pour la construction de routes, mais surtout pour la reconstruction...

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