Face aux provocations de Trump, Macron et Carney vont répliquer à Saint-Pierre-et-Miquelon
L'Élysée a annoncé ce dimanche 13 septembre 2026 un sommet impromptu dans l'Atlantique nord. Le président français et le Premier ministre canadien se retrouveront le 20 septembre sur l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Une réplique diplomatique expresse à une récente carte publiée par Donald Trump, qui plaçait l'Amérique du Nord et les Antilles françaises sous pavillon américain.
Lundi dernier, le président américain a testé une nouvelle limite géopolitique en ligne. Il a relayé une carte générée par intelligence artificielle qui redessine grossièrement les frontières continentales. Sur cette image, le Canada, le Mexique, le Groenland et une large portion des Caraïbes disparaissent sous les couleurs du drapeau des États-Unis. L'annexion virtuelle englobe frontalement les territoires français d'outre-mer : la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon y sont rayés de la carte au profit de la bannière étoilée. Un affichage de puissance qui a contraint Paris et Ottawa à réagir sur le terrain.
La riposte s'organise donc à vingt kilomètres des côtes de Terre-Neuve. Emmanuel Macron posera les pieds à Saint-Pierre-et-Miquelon du 19 au 21 septembre. Il y accueillera Mark Carney le 20 septembre. L'événement est de taille pour ce territoire de 6 000 habitants : jamais un chef de gouvernement canadien n'y avait effectué de visite officielle. L'objectif affiché par l'Élysée est clair. Il s'agit d'opposer la défense du droit international, de la souveraineté et de la démocratie face au retour décomplexé de la politique de puissance incarnée par Washington.
Le spectre de 1941 et l'urgence climatique
Les tensions autour de cet avant-poste stratégique réveillent la mémoire des lieux. En 1941, les forces de la France libre du général de Gaulle avaient pris le contrôle de l'archipel contre l'avis explicite de Franklin D. Roosevelt, l'administration américaine tentant alors de préserver ses accords avec le régime de Vichy. La dernière visite présidentielle française remontait à 2014. Mais avant de s'envoler pour l'Assemblée générale de l'ONU à New York, Emmanuel Macron devra faire face à une menace autrement plus concrète que les offensives numériques de la Maison-Blanche : la montée des océans. À Miquelon, le village a déjà entamé un repli historique vers l'intérieur des terres pour fuir les eaux. Le premier chantier de relocalisation climatique à l'échelle du pays.
Jacques VILUS

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