C'est au retour des trois fugitifs que le surveillant en poste au mirador du Centre pénitentiaire les a vus essayant de réintégrer leurs cellules (photo d'archive)
Trois détenus du centre pénitentiaire de Rémire s'étaient évadés le jour de la fête nationale. Ils ont été surpris par le surveillant du mirador alors qu'ils sautaient le mur pour rentrer.
Une affaire d'évasion par trois condamnés en semi-liberté a été jugée hier matin par le tribunal correctionnel. Les trois prévenus bénéficiaient du régime de semi-liberté depuis une semaine pour l'un, douze jours pour le second et un mois et demi pour le dernier, ce qui leur permettait de travailler à l'extérieur.
Le 14 juillet 2013, après avoir arrosé la fête nationale avec du rhum offert par un détenu libéré la veille, ils ont décidé de prendre l'air.
UN PETIT TOUR À LA PLAGE
« On voulait simplement faire un petit tour, aller à la plage. On n'a rien cassé! On voulait un peu de liberté » , soulignent-ils à la barre précisant qu'ils n'avaient rien prémédité et qu'ils sont revenus. C'est d'ailleurs à leur retour que le surveillant en poste au mirador a vu une voiture les déposer devant la grille des bâtiments de la semi-liberté avant qu'ils entreprennent d'escalader l'enceinte pour réintégrer leurs cellules.
« Quitter le centre pénitentiaire selon ses humeurs » , est une chose qui ne se fait pas pour le procureur. Il estime même que c'est inacceptable, aussi il requiert deux mois de prison ferme pour chacun des trois prévenus. Pour leur avocat, Me Jérémy Stanislas l'argumentation des poursuites « est légère » car elle n'entre pas dans un cadre juridique précis. Il invite à la clémence. Mais, en prélude aux débats, Me Jérémy Stanislas a surtout demandé l'annulation de la procédure et de tous les actes qui en découlaient au motif que ses trois clients n'ont pas été entendus sous le régime de la garde à vue, avec l'assistance de leur avocat, mais « librement » .
UNE AUDITION PAS SI LIBRE
De plus, fait remarquer l'avocat, « ils n'étaient pas libres d'aller et venir puisqu'ils étaient incarcérés au centre pénitentiaire! »
Le procureur reconnaît qu'il est difficile dans ces conditions de dire qu'il s'agissait d'une audition libre. Un argument que retient le tribunal en constatant la nullité des auditions. Il prononce en conséquence la relaxe des trois prévenus. Mais deux sont quand même repartis en détention à l'issue de l'audience pour finir leur peine.
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