Un procès beaucoup plus serein
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Un procès beaucoup plus serein

Pierre-Yves CARLIER
Léon Bertrand, Guy Le Navennec et Me Kelidjian, mardi dernier lors du procès en appel des marchés publics de la CCOG (photo d'archives)
Léon Bertrand, Guy Le Navennec et Me Kelidjian, mardi dernier lors du procès en appel des marchés publics de la CCOG (photo d'archives)

Les avocats espèrent que l'attention que leur ont portée les juges est un signe positif. Réponse le 2 octobre, jour où les juges rendront leur verdict.

Quelle image garder du procès en appel de Léon Bertrand, qui s'est déroulé toute la semaine dernière à Fort-de-France ? Celle de l'avocat général, resté silencieux pendant les trois premiers jours ? La haute carrure de Jacky Hildenbrand assis à côté de Léon Bertrand et venu avouer qu'il avait payé des pots de vin ? L'avocat Didier Liger, plaidant sans relâche devant les caméras, sous la pluie, l'innocence d'Augustin To-Sah ?
Unanimement, les débats ont été jugés plus calmes que l'an dernier. Cette année, les avocats ont fait l'économie du tempétueux vice-procureur du premier procès. Ils ont aussi été moins provocateurs. L'an dernier, face aux multiples incidents, la présidente avait du tenir fermement la barre, quitte à sembler, parfois, pencher pour l'accusation.
SÉRÉNITÉ DES DÉBATS
Rien de cela cette année. Le silence de l'avocat général a suscité maintes interprétations. Certains l'ont pris comme une défense a minima de l'accusation, prélude à une relaxe générale. Pour d'autres, le dossier serait tellement accablant que l'avocat général a laissé, sans crainte, les avocats s'époumoner.
Les avocats, justement. Ils espèrent que la sérénité des débats leur aura permis de convaincre les juges que les marchés de la communauté de communes de l'ouest guyanais (CCOG) n'étaient pas truqués et qu'il n'y a pas eu de pots de vin. Car leurs arguments, finalement, n'ont guère varié : Léon Bertrand ne s'est pas enrichi, il est victime d'un règlement de comptes (de trois fonctionnaires de la CCOG, ont dit les avocats, après avoir accusé tour à tour les Sarkozystes et les élus de Mana), les dossiers sur lesquels ont travaillé les enquêteurs étaient incomplets.
Le rebondissement, cette année, aura été la présence de Jacky Hildenbrand. L'ancien entrepreneur est venu avouer qu'il avait payé 10 000 et 25 000 euros aux proches de Léon Bertrand, pour obtenir la construction du centre multiser-vices de Maripasoula et de celui d'Awala-Yalimapo. Pour les avocats, ses aveux sont trop imprécis pour être crédibles. Verdict le 2 octobre.
Et Myrtho Fowel ?
Durant le procès en appel de Léon Bertrand, il a été plusieurs fois question de Myrtho Fowel. La disparition de l'ancien directeur financier de la CCOG est à l'origine de l'enquête sur les marchés publics. Le procureur général en a longuement parlé, sans apporter d'éléments nouveaux, mais en moquant les avocats qui faisaient le pari d'une fuite de Myrtho Fowel à l'étranger. Or, son corps a été retrouvé dans le Sinnamar y fin septembre. Un corps qui, pour l'heure, n'aurait rien révélé. Une particule métallique a été trouvée dans un os. Mais, ce week-end, le site Guyaweb a annoncé que sa nature n'avait pas pu être déterminée, tant elle était microscopique.

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