Sur un plan d'Oiapoque (ci-contre), un focus est fait sur la Guyane et sa « zona de garimpo » . Ci-dessus, un extrait de la présentation d'Oiapoque et sa région, où tout n'est pas traduit en français... (DR)
Un « plan touristique » d'Oiapoque comprend une carte de la Guyane, où apparaissent les zones d'orpaillage clandestin ainsi que les voies terrestres et maritimes pour entrer dans le département.
Les Hurleurs de Guyane* ont fait une drôle de trouvaille en allant à Oiapoque. Sur un plan touristique de la ville frontière brésilienne, ils ont découvert la Guyane sous un angle nouveau : un bonne partie de son territoire est désignée comme une « zona de garimpo » , une région où il est possible d'extraire de l'or!
Des flèches indiquent également quels chemins emprunter pour pénétrer dans le département : par la mer ou en traversant le fleuve, à Oiapoque ou Vila Brasil. Le « poste de contrôle permanent » , sur la route de l'Est, apparaît clairement.
VILA BRASIL, UNE ÉTAPE AVANT LES SITES
Cette carte, disponible à Oiapoque, comporte une autre partie assez cocasse : la présentation d'Oiapoque et de sa région. La grande majorité du texte est traduite en français. Sauf quand il est fait mention de Vila Brasil! Ainsi, on apprend que Vila Brasil « serve de apoio aos garimpos infiltrados nas Guiana francesa » . Autrement dit, Vila Brasil, l'une des bases arrières de l'orpaillage clandestin en Guyane.
Pas une seule fois, sur ce plan, il n'est mentionné que l'orpaillage clandestin en Guyane est interdit par la loi. Le collectif Les Hurleurs de Guyane, qui a publié cette carte, n'en revient pas. « Cela prouve qu'il y a une zone délimitée au coeur de la Guyane où les garimpeiros font leur travail en toute impunité. C'est officialisé dans une carte! » déclare, amer, Pierre-Olivier Pradinaud, membre du collectif. « L'orpaillage illégal génère de la violence, de l'exploitation, de la pollution, ou encore la destruction d'un milieu. Que fait l'État ? On est à des années lumières de régler ce fléau! »
* Ce collectif regroupe des citoyens unis contre l'orpaillage illégal. Pour les contacter : hurleursdeguyane@gmail.com
Le braconnage lié à l'orpaillage illégal inquiète les guides
Dans une lettre ouverte, la Compagnie des guides de Guyane interpelle le préfet au sujet du braconnage en vigueur sur le lac de Petit-Saut et vers le Haut-Sinnamary : « Il semble qu'une partie de ce braconnage [...] serve de ravitaillement à des sites d'orpaillage illégaux, notamment dans les secteurs de Saut Lucifer et de Bois Violet où l'activité semble s'intensifier » . En l'état actuel de la réglementation, « les contrevenants s'exposent à une amende dérisoire » , précise le président de l'association,« momas Saunier joint hier par téléphone.« Il faut des effets plus dissuasifs si l'on veut des résultats sur le terrain. »
La Compagnie des Guides demande l'organisation « d'une table ronde en préfecture [...] afin de discuter des évolutions ou d'une refonte des arrêtés préfectoraux » . Car« mettre la pression sur les braconniers, c'est aussi mettre la pression sur l'orpaillage illégal » .
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