Sévices et placement contesté : les deux enfants reviennent d'eux-mêmes à la gendarmerie de Papaïchton
L'affaire suscite une vive émotion et relance le débat sur les modalités de protection de l'enfance dans les communes de l'intérieur
Les deux enfants de 11 ans et 13 ans qui avaient pris la fuite devant la maison de l'AIde sociale à l'enfance (ASE) se sont finalement présentés d'eux-mêmes à la brigade de gendarmerie de Papaïchton, accompagnés du chef coutumier de leur village. Pris en charge par les forces de l'ordre, ils ont été confiés à l'ASE, chargée d'exécuter la mesure de placement, confirmée pour six mois par le juge des enfants le 23 décembre dernier. Leur mère a été informée dans la soirée de leur état de santé et de la décision judiciaire.
Violences importantes
Le 12 décembre 2025, le Parquet de Cayenne recevait un signalement émanant d'un médecin du dispensaire de Papaïchton. "L'examen médical faisait état de violences importantes ainsi que de carences graves", décrit le Parquet. Face à un danger jugé immédiat, la procureure de la République prenait, le jour même, une ordonnance de placement provisoire. Les deux enfants de Papaïchton, étaient confiés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE), qui désignait une famille d'accueil à Maripasoula.
Acheminés par la piste, les mineurs étaient transportés en taxi collectif jusqu'au domicile de cette famille. Une décision qui a été vivement critiquée par Christiane Taubira. L'ancienne garde des Sceaux s'est interrogée publiquement sur l'absence d'accompagnement : " La Justice aurait semblé considérer qu'ils sont tellement en danger dans leur propre famille qu'il est moins dangereux de les mettre dans un taxi collectif, sans gendarme ni travailleur social, pour les déposer chez des inconnus. "
Les deux enfants prennent la fuite
Selon le témoignage de l'artiste Antoine Dinguiou, présent dans le véhicule, les enfants n'ont cessé de réclamer leur mère et d'annoncer leur intention de fuguer s'ils étaient placés. Une fois arrivés à Maripasoula, ils prennent la fuite devant le domicile de la famille d'accueil.
Une enquête pour disparition inquiétante, puis pour soustraction de mineurs des mains de la personne chargée de leur garde, a aussitôt été ouverte. D'importants moyens de recherche ont été déployés : contrôles de véhicules et de pirogues, auditions de commerçants et de piroguiers, mobilisation de 24 gendarmes, appui de la brigade cynophile de Saint-Laurent, ainsi que la participation de chefs coutumiers, côté français et surinamais.
Cette affaire n'est pas sans rappeler le dossier du placement de la jeune Taicha Sommier, également originaire de Papaïchton, dont la mère contestait les conditions de prise en charge.

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