Nantes : un jeune Guyanais exécuté par balles, énième victime du narcotrafic
Mardi 26 mai, peu avant 22 heures, un homme d’une vingtaine d’années originaire de Guyane a été abattu en pleine rue. Deux hommes à visage dissimulé sur une moto l’ont pris en chasse avant de faire feu. Une enquête pour meurtre en bande organisée est ouverte.
Selon le procureur de Nantes, Antoine Leroy, les faits se sont déroulés mardi 26 mai « un peu avant 22 heures ». Deux individus casqués, circulant à moto, ont pris en chasse un jeune homme âgé d’un peu plus de 20 ans, né en Guyane. Ils ont ouvert le feu. La victime est décédée « immédiatement après », a précisé le magistrat lors d’un point presse mercredi matin. L’autopsie sera pratiquée jeudi 28 mai. Une information judiciaire a été ouverte pour meurtre en bande organisée. Les investigations sont confiées à la police judiciaire.
Antoine Leroy a été catégorique : « Il n’y a, cette fois encore, aucun doute sur le fait que ces événements s’inscrivent dans le cadre de règlements de compte liés au narcotrafic et aux guerres de territoires et de revenus qu’il génère ». Le quartier visé n’est pas précisé, mais il s’inscrit dans une série noire qui frappe Nantes depuis plusieurs semaines.
Chronologie des violences à Nantes
Fin avril : un jeune homme est tué par balle, un autre grièvement blessé, dans le même secteur. Le procureur évoquait déjà des violences « potentiellement liées au narcotrafic ».
Mi-mai : un adolescent de 15 ans est tué dans une fusillade qui blesse également deux mineurs de 13 et 14 ans. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se rend sur place et déclare que l’attaque était « manifestement liée au trafic de drogue », mais que rien n’indique que les adolescents visés étaient impliqués.
26 mai : nouveau meurtre, cette fois d’un jeune Guyanais d’une vingtaine d’années.
La maire de Nantes, Johanna Rolland, a réagi dans un communiqué : « Le narcotrafic continue de tuer. La réponse de l’État doit être à la hauteur de l’enjeu ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, n’a pas encore fait de déclaration sur ce nouveau drame, mais lors de la fusillade de mi-mai, il avait appelé à une « mobilisation totale » des forces de l’ordre contre les points de deal.
Questions en suspens
Pour l’instant, les enquêteurs cherchent à identifier les deux motards. Le mobile précis (dette, rivalité de territoire, vengeance) n’est pas encore connu. La victime, bien que née en Guyane, résidait à Nantes. On ignore si elle était connue des services de police pour des faits liés au trafic.
Un paradoxe frappant : alors que les violences s’intensifient, les victimes sont parfois très jeunes (15 ans, 13 ans, 14 ans) et pas toujours directement impliquées dans le trafic, comme l’avait souligné le ministre. Ce nouveau décès, d’un homme d’une vingtaine d’années, pourrait en revanche relever plus classiquement d’un règlement de comptes entre trafiquants.

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