Le préfet et le maire sont allés à la rencontre des habitants. Wilson, en débardeur blanc, en a profité pour aborder les difficultés des jeunes (BD)
Le renfort de dix gendarmes mobiles semble avoir porté ses fruits dans le quartier. Depuis un mois, les habitants se sentent plus en sécurité. Et d'autres mesures doivent être mises en place.
La situation semble s'être apaisée à Balata. Début octobre, plusieurs drames (le meurtre du jeune Mathieu Marchal et de nombreux braquages) avaient endeuillé ce quartier de Matoury, connu pour être une importante plaque tournante dans le trafic de drogue. Placé en zone de sécurité prioritaire depuis 2012, Balata n'en reste pas moins un quartier sensible. Aux grands maux les grands remèdes : le 13 octobre, une réunion de crise était organisée en mairie de Matoury pour tenter de trouver des solutions palliatives. Un mois , la préfecture a tenu ses engagements : dix gendarmes mobiles de Kourou ont été affectés à Matoury. « Sur Balata, il y a désormais trois patrouilles par jour minimum, calcule le major Patrick Escales. On y relève surtout des infractions au code de la route et un trafic de stupéfiants. Notamment dans la rue Jean-Jacques-Dessalines, qui mène au lycée. » Le général Lambert Lucas intervient : « Après les événements qui se sont déroulés ici, il était nécessaire de reprendre contact avec la population, de restaurer la confiance et de pacifier le climat. Mais il faut trouver un juste équilibre car trop de présence policière peut aussi être contre-productif. On sent un véritable apaisement à Balata et d'ici deux semaines, on lèvera le pied. »
Un apaisement également ressenti par les habitants. Comme en témoigne Wilson, 35 ans, qui a grandi dans le quartier. « On voit les gendarmes trois fois par heure et ça nous rassure, raconte-t-il. Après la mort tragique de Marchal, plus personne ne sortait. Aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Mais on sait que les gendarmes ne resteront pas à Balata. Et j'espère que ça ne recommencera pas à chauffer après. »
Un pendentif en feuille de cannabis autour du cou, le jeune homme profite d'une visite du maire Gabriel Serville et du préfet Éric Spitz, venus prendre le pouls du quartier. Il évoque le chômage, le manque de sécurité aux abords de l'école, les maisons de quartier inaccessibles aux jeunes, la mauvaise réputation de Balata, la drogue et la misère. Lui vit de petits boulots : entretien des espaces verts chez les particuliers. Et se dit prêt à jouer le rôle de grand frère dans le quartier. Une idée qui séduit Gabriel Serville ; l'édile prend les coordonnées de Wilson. Et la visite se poursuit. Partout, le même discours : il y a du mieux mais aussi encore beaucoup à faire. La mairie devra elle aussi tenir ses engagements : trois policiers municipaux sont en cours de recrutement et devraient prendre leurs fonctions en janvier ; la vidéo-protection sera déployée à Balata en début d'année, au détriment de Cogneau-Lamirande où la situation est jugée moins urgente (l'État a déjà débloqué un financement de 300 000 euros) ; et la question de l'éclairage public déficient doit être réglée.
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